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SPL Estival : L’intersyndicale prête « à remettre la machine en marche »

"La crise est toujours là". Après la publication dans la presse locale du pré-rapport de la Chambre régionale des comptes, l'intersyndicale de la SPL Estival ne cache pas son désarroi face à une situation "qui perdure" au sein de la société, et ce malgré la fin du conflit social qui a paralysé la structure fin 2023.

Ecrit par S.I. – le mardi 21 mai 2024 à 16H48

Malgré l’accord signé en décembre 2023 entre la direction d’Estival et l’intersyndicale, « peu de choses ont changé » dans les faits à en croire cette dernière, qui faisait un point ce mardi à la veille de la présentation du nouveau Plan de sauvegarde économique (PSE) au tribunal de commerce.

SPL Estival : Le redressement judiciaire prolongé de trois mois

L’intersyndicale pointe toujours « un problème de gouvernance » au sein de la SPL Estival, avec le départ acté au 30 juin prochain du directeur général qui ne sera resté que quatre mois au sein de la société. Un regret pour les syndicats qui estimaient qu’Olivier Billot avait toutes les compétences et une solide expérience dans le milieu du transport, « contrairement à son prédécesseur », tient à rappeler Éric Talassia, porte-parole de l’intersyndicale. « Le DG n’a pas de marge de manœuvre, puisque c’est toujours le président de la Cirest (NDLR : Patrice Selly) qui gère en collaboration avec la directrice des ressources », peste-t-il.

Autre incompréhension pour l’intersyndicale, le vote ce soir par la Cirest d’une enveloppe de 330.000 euros en compte courant. « Est-ce que c’est la bonne solution à toujours injecter des deniers publics ? », s’interroge Eric Talassia, qui souhaite, comme l’ensemble de l’intersyndicale, que des solutions « concrètes » soient trouvées. À commencer par la réorganisation de l’organigramme qui permettrait « de donner une qualité de service à nos clients ». « Quand on voit certaines intercommunalités comme la Cinor, qui travaille sur un second téléphérique (« Téléphérique de La Montagne: Le tracé envisagé« ) et qui va livrer prochainement 1.000 vélos (« Vélo Vert: Saint-Denis et la Cinor montent en selle pour le changement »), et que nous à la SPL Estival nous ne sommes même pas capables de structurer notre réseau de bus, nous sommes inquiets », poursuit le syndicaliste.

L’intersyndicale prête à repartir au bras de fer

Les syndicats dénoncent également certains « passe-droits » aux proches de la présidence, que ce soit sur des évolutions de postes et/ou salariales ou sur des emplois du temps. « Il y a pour certains une liberté de venir travailler quand ils le souhaitent, alors qu’on continue à mettre la pression sur certains membres de l’intersyndicale. Il y a deux poids deux mesures et ça c’est inacceptable », poursuit Eric Talassia.

L’intersyndicale d’Estival attend par ailleurs la prise en compte de ses recommandations par la direction de la SPL, notamment sur les pistes d’évolution d’économies comme celui de la résiliation du bail du local du transport scolaire de Bras-Panon (18.000 euros à l’année) ou encore celui du local à Paniandy qui coûte à la SPL près de 90.000 euros à l’année.

Les syndicats se tiennent également prêts face à une possible externalisation de certains services de la SPL qui serait actée dans la nouvelle délégation de service public, qui remplacerait celle en cours jusqu’en 2031. Une nouvelle DSP qui  devrait être votée le 13 juin prochain lors d’un conseil communautaire à la Cirest, avec des mesures dites « resserrées » selon les informations de l’intersyndicale. « Nous, nous sommes inquiets de ces mesures ‘resserrées’. Est-ce que c’est un PSE bis ? Est-ce que c’est une externalisation des services ? Est-ce que c’est la sous-traitance des lignes ? C’est ce flou qui a conduit au déclenchement du conflit social en fin d’année dernière », rappelle Eric Talassia. Ce dernier prévient que les syndicats resteront sur leurs gardes quitte « à remettre la machine de la mobilisation en marche ». « Nous n’aurons pas le choix », insiste-t-il.

« Que fait la justice ? », s’interroge pour sa part Joseph Madeleine, de FO Transports, suite à la publication du pré-rapport de la CRC dans la presse locale ces derniers jours. « Tout est su par rapport à tout ce qui a été dénoncé depuis 2021. On se demande bien pourquoi cela prend autant de temps », regrette-t-il, avant de passer un message aux administrateurs de la SPL et aux élus de la Cirest. « L’année dernière, la plupart d’entre eux disaient ‘on ne savait pas’. Mais aujourd’hui, ils savent comment fonctionne la SPL. Demain, quand ils voteront un chèque en blanc à la direction, l’ensemble des membres de la Cirest et du conseil d’administration porteront la responsabilité qui va en découler », conclut le représentant FO.

Thèmes : Cirest | SPL Estival
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