Revenir à la rubrique : Politique | Société

Téléphérique de La Montagne : Le tracé envisagé

Le projet de téléphérique à La Montagne est loin d'être enterré, bien au contraire. Lors de ses vœux, la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, a confirmé que le projet était toujours dans les tuyaux. Alors que le projet initial prévoyait une liaison depuis Bellepierre vers le point de la Vigie à La Montagne, la mairie et la Cinor travaillent de concert pour un point d'arrivée jusqu'au quartier de Saint-Bernard.
Ecrit par S.I. – le mercredi 10 avril 2024 à 08H00

"Notre objectif stabilisé et affirmé est de tout faire pour la pose de la première pierre pour ce mandat", espère Ericka Bareigts. La maire de Saint-Denis en a profité pour dévoiler les différentes phases du second téléphérique dionysien. Si l'étape du franchissement de la portion Bellepierre/La Vigie est techniquement avancée, le tout en 1m30, ce futur projet de transport par câble dionysien a quelque peu évolué par rapport aux ambitions premières de la Cinor et de la mairie de Saint-Denis. Depuis plus d'un an, les deux collectivités travaillent désormais à capter les usagers dans les secteurs de Ruisseau-Blanc et de Saint-Bernard.

"Il y aura trois niveaux : Bellepierre/La Vigie puis La Vigie/Ruisseau-Blanc et enfin, le quartier de Saint-Bernard", a ajouté Ericka Bareigts. Pour l'édile dionysienne, il est important d'aller capter la population et les passagers plus loin que le point de la Vigie afin de désenclaver de nombreux secteurs de La Montagne, les permettant d'avoir un accès direct avec le reste de la ville. "Si les études de faisabilité ont déjà été menées, l'accent est désormais mis sur les tracés pour assurer une intégration harmonieuse dans les différents secteurs traversés mais aussi auprès des riverains", explique-t-on du côté de la Cinor.

Une technologie différente du Papang

 

Comparé au Papang en place entre les quartiers du Chaudron et de Bois-de-Nèfles, le téléphérique Bellepierre-La Montagne utilisera une technologie différente, avec un système en va-et-vient. La capacité des cabines est augmentée, passant à une trentaine de places, optimisant le franchissement entre les deux points. S'il est encore prématuré de dire que c'est cette solution technologique qui sera retenue, elle est en revanche la plus accessible, estime une source proche du dossier.

Le coût total du franchissement est estimé à une cinquantaine de millions d'euros, englobant les études, l'installation et les autorisations administratives.

Si deux hypothèses se dégageaient pour l'installation de la future station en contrebas de La Montagne, à savoir celle de la caserne Lambert et celle dans le secteur de Bertin près du CHU, il semblerait que les dernières études penchent plutôt vers cette dernière option, en raison notamment de l'impossibilité de survoler les terrains militaires jouxtant la Caserne Lambert. Une hypothèse dont nous vous parlions l'an dernier :

 

Le téléphérique de la Montagne est sur de bons rails mais n’a pas de piste d’atterrissage

 

Si rien n'est encore figé dans le marbre, cette station devrait être construite à proximité du CHU et contre l'unité de traitement d'eau potable, à savoir dans le secteur de la rue Gibert des Molières et de la rue Des Bassins, juste après le pont Vinh-San en arrivant de l'Ouest. Cette station sera liée à un pôle d'échanges multimodal dans le cadre du projet Baobab, qui prévoit des branches Nord et Sud pour répondre aux besoins de la population. La branche Nord va se préparer à se connecter avec un système régional qui arrivera forcément par la NRL, tandis que la branche Sud aura tout son sens dans le fonctionnement urbain de l'agglomération.

 

Deux nouveaux phasages pour un aménagement du territoire stratégique

 

Le projet envisage ensuite l'extension de La Vigie à Ruisseau-Blanc et de Ruisseau-Blanc à Saint-Bernard. Cette stratégie s'inscrit dans une vision à long terme pour l'aménagement du territoire, désenclavant les zones tout en ouvrant des perspectives d'urbanisation via une alternative de transport avec une faible empreinte au sol.

"La seule RD41 qui est déjà saturée ne suffira pas pour absorber un poids de population nouvelle sur le secteur. Donc l'alternative, c'est non seulement de solutionner ce qui est déjà congestionné, mais c'est aussi d'ouvrir des perspectives de long terme pour restructurer les quartiers, ce qu'on appelle, nous, pôles d'équilibre. Et ça va être dans le schéma de cohérence territoriale qui est actuellement en conception du côté de la Cinor", précise cette dernière. "Quand vous regardez les secteurs de Saint-Bernard et de Ruisseau-Blanc, vous avez des ravines à traverser avec des chemins qui sont relativement étroits. S'il fallait les réélargir, ça serait compliqué, il faut franchir des ouvrages. Ce système de transport par câble présente donc un intérêt indéniable : on est dans un schéma à faible empreinte et emprise au sol, et surtout dans des schémas réversibles. Donc ça, c'est durable", poursuit l'intercommunalité.

 

 

Ainsi, arrivé au point de la Vigie, ce projet de transport par câble prévoit de s'étendre tout d'abord vers La Montagne 8e, qui accueillera la deuxième station de téléphérique montagnarde. Celle-ci devrait trouver sa place en contrebas du secteur ou être complètement intégrée dans le quartier. C'est-à-dire soit dans le secteur du Chemin des Bananiers soit dans la zone du Chemin Neuf.

Un autre arrêt est prévu dans le quartier de Ruisseau-Blanc.

 

 

Concernant l'installation de la dernière station de La Montagne, c'est le secteur de Saint-Bernard, autour de la léproserie et de la mairie annexe, qui est actuellement privilégié.

 

Conquérir la confiance des habitants de La Montagne

Si le téléphérique de La Montagne se profile comme une innovation majeure, son accueil par les habitants soulève néanmoins quelques interrogations. En effet, contrairement au téléphérique Papang du quartier du Chaudron où les transports publics sont au cœur des habitudes, le projet envisagé pour La Montagne se prépare à traverser des quartiers résidentiels. L'impact sur les quartiers survolés et même les réticences liées aux zones résidentielles peuvent ajouter des nuances à l'enthousiasme initial. Cela ne signifie pas que les habitants ne l'utiliseront pas, mais l'accueil pourrait être moins chaleureux que celui du Chaudron. Le projet, qui s'étend jusqu'à Saint-Bernard, cherche à relier des quartiers en pleine expansion. La localisation des stations, les liaisons piétonnes et les services aux alentours sont autant de points à considérer pour garantir le succès du projet.

De plus, d'autres étapes administratives restent encore à surmonter comme la mise en œuvre de l'enquête publique ainsi que le feu vert de l'administration préfectorale, "sans qui les travaux ne pourront pas démarrer", conclut la Cinor.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :