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SPL Estival : Le redressement judiciaire prolongé de trois mois

Le tribunal de commerce de Saint-Denis a prolongé jusqu'au 22 mai le redressement judiciaire de la SPL Estival, le temps d'affiner les contours du nouveau plan de sauvegarde économique (PSE) ébauché après la grève des salariés, en fin d'année dernière. Pour garantir la survie de l'entreprise publique de transport, environ 70 salariés auront le choix entre accepter une baisse de leur rémunération, ou partir dans le cadre d'un licenciement économique.
Ecrit par T.L. – le mercredi 21 février 2024 à 20H36

Trois mois de plus. Les salariés de la SPL Estival, société en charge du transport public dans les six communes de l'est, ont obtenu ce mercredi après-midi du tribunal de commerce une nouvelle audience, laquelle se tiendra le 22 mai prochain.

Trois mois supplémentaires pour présenter les contours d'un plan social, avant sans doute une ultime période d'observation qui portera alors la durée totale du redressement de la SPL à un an. D'ici là, environ 70 salariés devront se prononcer, avant la mi-mars, sur la proposition d'avenant de contrat que la nouvelle direction a commencé à leur faire parvenir. Pour atteindre l'objectif désormais affiché de zéro licenciement, les employés, bien que victimes de la gestion calamiteuse de la société publique, devront consentir à des efforts financiers.

« Dans la majorité des cas, il s'agit de réduction de leur rémunération sur la base de coefficients révisés, donc ça amène dans de nombreux cas des baisses de salaire, et pour certains des avenants à leur contrat de travail et des changements de leur contrat », a précisé Olivier Billot, le directeur général de la SPL Estival, à la sortie de l'audience du tribunal.

Réza Badat, l'avocat de la société, a souligné pour sa part que la validation du plan de sauvegarde économique nécessitera aussi « un effort des actionnaires », en précisant que la Cirest avait déjà pris « un engagement » en ce sens.

« Des pertes de salaires de 300 à 1.000 euros »

Une manière d'envoyer la balle dans le camp de la Région, qui ne manque jamais de faire savoir qu'elle n'a jamais approuvé le changement de statut d'Estival, dont les ennuis coïncident, comme chacun sait, avec sa transformation de Sem à SPL.

« Ce n'était vraiment pas facile de faire comprendre ça aux employés, il y a quand même des pertes de salaires de 300 à 1.000 euros, ils s'y attendaient pas. Il a fallu leur dire que c'était ça, ou les licenciements », confie Mikael Siou, nouveau délégué syndical UR974. « Ils ont un délai de 15 jours à la date du courrier, à eux de prendre la bonne décision, d'accepter ou pas. Nous, à UR974, on a fait le tour du personnel. Certes, il y a un mécontentement, mais ils disent en majorité qu'ils vont continuer à se battre avec nous. »

Mikael Siou souligne que même le président du tribunal a posé la question de l'impact d'un retour au statut de Sem, une possibilité que le président de la Cirest Patrice Selly a lui-même évoquée dans les médias. « Actuellement, la Région n'est actionnaire que de 5%. On se demande si revenir à une Sem, avec la possibilité d'avoir des actionnaires privés, ne serait pas meilleur pour nous », admet le syndicaliste.

 

Etiquettes : SPL Estival

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