"I’m stupid" : deux ans ferme pour la mule anglaise arrêtée à Gillot avec 16,5 kg de cannabis de Thaïlande

Arrêté le 2 avril dernier à l’aéroport Réunion-Roland Garros en possession de 16,5 kg d’herbe de cannabis, un ressortissant britannique en provenance de Bangkok a été condamné à deux ans de prison ferme. Il affirme qu’il pensait transporter du matériel informatique.
L’affaire vient illustrer la pérennisation d’une « nouvelle route de la drogue » entre la Thaïlande et La Réunion. Après quatre premières mules arrêtées en fin d’année dernière, elles sont déjà quatre en 2026 à avoir été interpellées à l’aéroport de Gillot en provenance directe de Bangkok ou après un transit par Chennai.
Voyageurs belges ou britanniques
A chaque fois, des ressortissants étrangers, de nationalité belge ou britannique, sont trouvés en possession d’une quantité similaire, autour des 17 kg, de « skunk » thaïlandaise de très bonne qualité. Ce fut à nouveau le cas pour Kieran K., un voyageur anglais de 43 ans contrôlé à son arrivée de Bangkok le 2 avril dernier.
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Repérant « une masse suspecte » dans ses bagages, les douaniers découvrent 16,5 kg d’herbe de cannabis, d’une valeur à la revente de 214.500 euros. Placé en garde à vue, l’homme, titulaire d’un master en éducation et qui a enseigné l’anglais en Chine pendant dix ans, semble tomber des nues.
"Un plan pour transporter des serveurs"
« On m’a proposé un plan pour transporter des serveurs informatiques. C’était rémunéré 7.000 livres (environ 8.000 euros NDLR), plus le voyage et une semaine d’hôtel à Saint-Pierre » explique, avec l’aide d’un interprète, le prévenu jugé en comparution immédiate à Saint-Denis mercredi 10 juin.
Parti de Londres deux semaines plus tôt, il embarque donc début avril à bord du vol Air Austral qui dessert notre île. « Sans jamais avoir ouvert les bagages » qui lui ont été confiés, assure-t-il. Pour prouver sa bonne foi, il montre la teneur des échanges avec ses commanditaires. Qui laissent pourtant entendre que l’opération n’est pas franchement légale, l'un d'eux se vantant même d'avoir déjà transporté de l'herbe à La Réunion…
"Le plus coopératif"
« Comment avez-vous pu penser qu’on ne pouvait pas se faire livrer du matériel informatique à La Réunion ? » questionne le tribunal. « I’m stupid », répond le prévenu dans la langue de Shakespeare.
« On a l’habitude d’entendre tout et n’importe quoi dans ces affaires de mules, mais c’est la première fois qu’il est question de serveurs informatiques », note la procureure pour qui « le prévenu savait parfaitement ce qu’il transportait. » Quatre ans de prison ferme sont requis.
« Rien ne prouve qu’il savait, il a d’ailleurs proposé à sa mère de l’accompagner », plaide Me Chantal Laguerre en défense. « Il a tout de suite donné ses codes de téléphone aux enquêteurs, il a été le plus coopératif possible », souligne l’avocate en plaidant la relaxe.
Déjà 70 kg en 2026
Mais le tribunal, qui « ne croit pas à cette histoire de matériel informatique », entre en voie de condamnation. Avec une certaine clémence par rapport aux réquisitions toutefois, puisque le Londonien écopera de deux ans de prison ferme, avec maintien en détention. Il devra également s’acquitter de l’amende douanière correspondant à la valeur de la marchandise.
Depuis le début de l’année, ce sont déjà 70 kg d’herbe thaï qui ont été interceptés par les douaniers à Gillot, pour une valeur marchande avoisinant le million d’euros.


