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"52.000 demandes en attente" : Ce nouveau rapport parlementaire alerte sur l'effondrement du logement social à La Réunion

Ecrit par L-H.T – le samedi 13 juin 2026 à 18H03

À force de parler de "crise du logement", l'expression finit presque par perdre de son sens. Le rapport présenté par les députés François Jolivet et la Réunionnaise Karine Lebon lui redonne pourtant toute sa gravité. Logements insalubres, financements en chute libre, pénurie de foncier, construction au ralenti : le document dresse un constat sévère et appelle à une réforme profonde de la politique du logement social dans les Outre-mer.

Les chiffres ne mentent jamais. Jamais. 700.000 ultramarins vivent aujourd'hui dans des conditions de mal-logement. Cela représente près de trois habitants sur dix, contre moins d'un sur cent dans l'Hexagone.

À eux seuls, ces chiffres résument l'ampleur de la crise que décrit le rapport remis par les députés François Jolivet et Karine Lebon, députée de La Réunion et co-rapporteure de cette mission parlementaire.

Les auteurs ne prennent d'ailleurs pas de détour. Selon eux, "l'accès à un logement décent et abordable relève, dans les départements et régions d'Outre-mer, d'une très complexe équation", confrontée à "une accumulation de difficultés structurelles et conjoncturelles".

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Leur conclusion est sans appel. Ces derniers plaident d'ailleurs pour "une réforme de grande ampleur de la politique du logement social dans les Outre-mer".

Les obstacles se cumulent

Le rapport déroule ensuite l'inventaire d'une crise qui s'enracine.

Pauvreté plus élevée, logements insalubres, foncier rare, coût de la construction qui explose, changement climatique, hébergement d'urgence saturé... Les obstacles se cumulent. Dans les DROM, 75 % des ménages sont éligibles à un logement social, contre 71 % au niveau national, tandis que 50 % peuvent prétendre à un logement locatif très social, soit deux fois plus que dans l'Hexagone.

À La Réunion, la situation apparaît tout particulièrement tendue.

Le rapport recense près de 52.000 demandes de logements sociaux en attente, alors même que les financements publics se contractent. L'un des passages les plus marquants concerne la Ligne budgétaire unique (LBU), principal outil de financement du logement social ultramarin.

"À La Réunion, l'enveloppe consacrée au logement social (...) a été divisée par trois et devrait chuter à 26,7 millions d'euros", écrivent les rapporteurs, qui jugent cette baisse "dramatique" pour les opérateurs et la filière de la construction.

Plus largement, la production de logements s'essouffle.

Loin des objectifs

Entre 2014 et 2025, le nombre de logements sociaux financés dans les Outre-mer a chuté de 27,2 %, tandis que le nombre de logements livrés est passé de 7.398 à 3.794, soit une baisse de près de moitié.

Des résultats très éloignés de l'objectif fixé par la loi Égalité réelle Outre-mer, qui visait 150.000 logements en dix ans.

Pour inverser la tendance, les parlementaires formulent plusieurs recommandations, comme rétablir les financements, produire davantage de logements très sociaux, accélérer la lutte contre l'habitat indigne, mieux mobiliser le foncier disponible et adapter les programmes aux réalités ultramarines.

Lire aussi : "Tout le monde ne veut pas vivre dans un immeuble" : une mission parlementaire pour mieux connaître les réalités locales du logement à La Réunion

C'est certain, le logement n'est plus seulement une politique publique. Mais et bel et bien devenu l'un des principaux révélateurs des inégalités territoriales.

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