Revenir à la rubrique : Faits divers

Soupçons d’emplois illégaux à la Région : « Nous étions des facilitateurs »

Au troisième jour du procès sur les emplois présumés fictifs à la Région sous les mandats de Didier Robert, six prévenus ont témoigné, affirmant leur engagement et leur innocence. Yves Ferrières, Sabrina Ramin, Yannick Gironcel, Jean-Charles Maroudé, Ravy Vellayoudom, et Yoland Velleyen ont décrit leurs rôles sans pour certains fournir cependant des détails concrets sur leurs missions. Le procès continue aujourd'hui avec les dépositions attendues de Vincent Bègue et Didier Robert et les réquisitions du parquet qui permettront sans doute d'en savoir plus sur ce qu'a révélé l'enquête menée par les policiers parisiens.

Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 18 avril 2024 à 06H22

Ému, choqué, chagriné, furieux, abasourdi, sali par la presse, humilié de se retrouver injustement jugé. C’est ainsi que l’on peut résumer les dépositions à la barre des six prévenus qui ont été appelés à s’exprimer ce mercredi, au troisième jour du procès concernant les soupçons d’emplois illégaux à la Région sous les deux mandatures de Didier Robert.

Après Ismaël Aboudou et Alfred Ablancourt hier, les ex-conseillers techniques Yves Ferrières, 70 ans, Sabrina Ramin, 46 ans, Yannick Gironcel, 40 ans, Jean-Charles Maroudé, 52 ans, Ravy Vellayoudom, 53 ans, et Yoland Velleyen, 61 ans, ont eu largement le temps de s’exprimer, l’oralité des débats ayant pris tout son sens dans ce procès hors normes qui va se poursuivre demain et vraisemblablement ce vendredi.

 

Soupçons d’emplois illégaux : Didier Robert, Alfred Ablancourt et Ismaïl Aboudou se défendent à la barre

 

Les propos de chacun des prévenus n’ont pas toujours été en rapport avec les faits qui leur sont reprochés. Malgré de longues digressions, le tribunal s’est montré à l’écoute. Les mis en cause se sont appliqué à décrire leurs compétences professionnelles, leur engagement et leur passion pour leur île. Tous se sont présentés comme irréprochables dans leur parcours et fidèles à leur président, ainsi qu’à son ancien conseiller spécial, Patrick Maillot, au directeur de cabinet Vincent Bègue ainsi qu’à Jean-Louis Lagourgue.

 

« Je suis un bourreau de travail« 

 

A l’issue de chaque temps de parole, le tribunal comme la représentante de la société ont posé peu de questions contrairement aux avocats de la défense qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour tenter de prouver que les protagonistes avaient occupé un poste effectif et non fictif. « Je suis un bourreau de travail, s’est écrié Yves Ferrières avec fougue. Je n’ai jamais fait de politique, question d’éthique. Pas besoin d’envoyer des mails pour aller serrer la main des concitoyens au marché du Chaudron le dimanche matin. Et même contre l’avis de mon médecin après avoir fait un infarctus, je suis retourné au travail le lendemain« . Malgré sa volonté de convaincre, l’ancien conseiller technique s’est cependant montré assez flou quant aux fonctions qu’il a occupées. « Vous dites que vous êtes très fier d’avoir réalisé vous-même le port de Ste-Marie. Ca veut dire quoi concrètement ? », tacle la procureure Véronique Denizot. « C’est ma personnalité qui m’a permis de réunir les bons acteurs. J’étais un facilitateur », avance le septuagénaire.

À son tour, Sabrina Ramin évoque son rôle de facilitateur. « Je suis une femme de terrain. Je suis dans le vrai. Je n’ai pas d’éléments concrets à fournir parce que mon travail n’était pas un travail de bureau. Mon supérieur hiérarchique avec qui je n’avais que des échanges oraux ne m’a jamais demandé de faire des rapports ou des comptes-rendus« , explique celle qui estime avoir démocratisé et rendu accessible la culture aux quatre coins de La Réunion.

 

« On ne m’a jamais demandé d’écrire des rapports« 

 

Ravy Vellayoudom et Yoland Velleyen, s’ils n’ont pas convaincu les policiers de l’OCLCIFF lors de leurs auditions, se sont rattrapés à la barre du prétoire. Le premier dans une liste à la Prévert a énuméré le résultat de ses travaux en tant « qu’itinérant » sur des problématiques de développement durable, de coopération avec Madagascar ou encore sur l’impact de l’octroi de mer sur les filières agricoles. « Mon rôle était de donner des avis ».

L’agriculteur de profession a affirmé avoir fourni aux enquêteurs des documents comme celui sur l’impact de l’excavation sur le territoire réunionnais, « mais pas signés » a fait remarquer le président Duchemin. Le second, dans une longue démonstration théâtrale, s’est lancé dans un exposé sur le patrimoine régional avec comme objectif, en creux, de démontrer que l’emploi occupé portant sur « les orientations stratégiques internationales de la Région » était bien réel.

 

Des contrats signés après l’aval des superviseurs

 

« Je signais pour que la machine régionale ne soit pas bloquée en l’absence de Didier Robert », a exposé l’ancien vice-président Jean-Louis Lagourgue soupçonné de complicité de détournements de fonds publics en ayant apposé sa griffe sur sept des contrats de travail des huit collaborateurs de cabinet. L’actuel conseiller d’opposition à la Région, également poursuivi pour prise illégale d’intérêt pour le recrutement d’Yves Ferrières, a souligné « sa fierté » d’avoir embauché ce dernier. « Je n’ai jamais signé un contrat sans l’aval des superviseurs », a conclu l’ex-sénateur juste avant que l’audience ne soit levée.

Ce jeudi, Vincent Bègue puis Didier Robert seront appelés à la barre du tribunal correctionnel. Les réquisitions de la procureure de la République devraient tomber au cours de l’après-midi.

 

Soupçons d’emplois illégaux au cabinet de la Région : La stratégie d’enquête décriée par la défense

 

Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
29 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Saint-Pierre : Il perd 20 euros et menace de mort sa copine avec une hachette

Un homme de 25 ans a été jugé en comparution immédiate par le tribunal de Saint-Pierre pour des violences sur sa conjointe. Après avoir perdu 20 euros, il l’a accusée de lui avoir volé l’argent avant de la frapper et de la menacer avec une arme. Il a été condamné à 24 mois de prison, dont 14 mois avec sursis.