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Soliha Réunion : des licenciements qui ne passent pas

Ecrit par J.D – le mercredi 12 mars 2025 à 09H17
En octobre dernier, le personnel gréviste de Soliha débraye devant le siège social à Saint-Denis.

En redressement judiciaire, Soliha Réunion prévoit de licencier 18 salariés. Une décision que les élus dénoncent, pointant du doigt une gestion douteuse et exigeant des garanties sur la viabilité du projet. La direction défend des choix économiques jugés nécessaires.

La tension monte chez Soliha Réunion. En redressement judiciaire depuis peu, l'association spécialisée dans l'amélioration de l'habitat prévoit la suppression de 18 postes pour tenter d'assainir sa situation financière. Une annonce qui a provoqué la colère des élus du personnel, lesquels dénoncent un plan social précipité et mettent en cause la gestion passée de l'association.

« Nous avons pleinement conscience qu’il faudra réduire l’effectif actuel pour que ce projet soit viable », reconnaît Jean Patrice Laffuteur, délégué syndical UR 974. « Mais nous ne pouvons pas accepter le projet présenté par la direction qui prévoit 18 licenciements sans garantir que cela permettra de redresser durablement l’association. »

Un audit met en évidence « une mauvaise gestion »

Le délégué syndical reproche à la direction de ne pas avoir pris les mesures correctives nécessaires après la révélation de dysfonctionnements internes. Selon lui, un audit portant sur les exercices de 2019 à 2021 aurait mis en évidence « une mauvaise gestion, des rémunérations exorbitantes et des postes non nécessaires », ainsi que « des choix stratégiques discutables » et même « des actes illicites relevant du civil ».

« Depuis cet audit, aucune mesure corrective n'a été prise », déplore Jean Patrice Laffuteur. « Nous ne pouvons pas accepter que les personnes qui sont responsables de cette situation soient toujours décisionnaires de l’avenir de Soliha Réunion. Il est essentiel de présenter un projet viable et durable. »

Une intersyndicale, composée des syndicats FO, CFE/CGC et CGTR, a également vu le jour lors du conseil d’administration du 6 novembre 2024. Mais selon le représentant du personnel opposé au plan social, cette structure est avant tout un soutien déguisé à la direction. « Cette intersyndicale a été créée par des cadres de Soliha Réunion dans le but de valider les décisions de la direction et non pour défendre les intérêts des salariés », dénonce le délégué syndical. « Pour preuve, à ce jour, aucune communication n’a été faite par cette intersyndicale qui cautionne sans doute le licenciement de la moitié des effectifs de Soliha Réunion. »

De son côté, l’avocat de Soliha Réunion, Me Badat, plaide pour une approche pragmatique face aux difficultés économiques de l’association. « Il faut un certain équilibre économique sur ce dossier », explique-t-il. « Des audits ont été réalisés, notamment sur la restructuration, et des échanges ont eu lieu autour des ajustements possibles. » Des ajustements qui se font également en lien avec l'administrateur judiciaire Me Langet.

Concernant le projet de licenciement, Me Badat précise que « Une nouvelle phase de discussion est en cours pour examiner les contre-propositions des syndicats ».

Une nouvelle réunion du CSE est prévue cette semaine afin de poursuivre les négociations. Pour Jean Patrice Laffuteur, il est encore temps de trouver un compromis : « Nous voulons présenter une contre-proposition cohérente et responsable pour que notre outil de travail perdure encore de nombreuses années et que nous puissions continuer notre mission d’utilité publique d’amélioration de l’habitat à La Réunion. »

Les décisions reviendront aussi au tribunal judiciaire de Saint-Denis, qui doit examiner le dossier lors d’une audience fixée au 7 avril prochain. D’ici là, syndicats et direction doivent encore s’accorder sur une solution qui permette de préserver à la fois les emplois et l’avenir de l’association.

Lire aussi : Nouveau débrayage chez Soliha

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