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Société ML Prestations : Ex-salariés et collaborateurs attendent leur argent

"Des erreurs de gestion peuvent s'excuser mais la malhonnêteté non". Les ex-employés de ML Prestations n'en reviennent toujours pas. Après un début de collaboration sans aucune ombre avec leur ancienne patronne, la suspicion s'est installée, laissant ensuite place au dégoût. Des mois de salaires ne leur ont pas été rendus. La collaboration terminée, ils se rendent compte qu'ils ne sont pas les seuls dans cette galère...
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 2 novembre 2011 à 15H16

 

Quand même un huissier piétine à trouver un bien solvable, la situation peut alors être qualifiée d'extrême. Ce sont les propres termes des interlocuteurs de l'affaire "ML Prestations" qui, tous, ont décidé de rester dans l'anonymat. "ML Prestations Pigier Formation", ML pour "Martine Lallemand", est une société qui occupe le créneau florissant des formations. Son public : essentiellement des jeunes de 16 à 25 ans, demandeurs d'emploi ou étudiants de Bac +2 ou +3 en commerce, gestion PME/PMI, ressources humaines ou comptabilité.

Devant la pléthore de structures délivrant des formations à la Réunion, ML Prestations peut se targuer d'avoir acquis la franchise du groupe Pigier, société présente en métropole depuis les années 70, explique un ancien salarié de la boîte. Malgré ces garanties, la version réunionnaise de Pigier en a déçu plus d'un.

Aujourd'hui, tout semble se liguer contre sa gérante. Les cas sont multiples mais le manque à gagner revient dans tous les discours de ceux qui ont eu affaire à ML Prestations. Des ex-salariés témoignent. "Nous étions payés en retard mais on pensait que ça irait mieux le mois d'après. On venait de commencer et on faisait confiance à Mme Lallemand. Elle tentait toujours de nous rassurer. Quand on allait la voir pour lui exposer le fait d'un salaire non payé de plusieurs mois, sa réponse était toujours que ça allait être réglé bientôt". 

"Des chèques en bois" selon les salariés

"Les deux premiers mois, je me faisais payer en espèce. Ça m'a déjà interpellé. En plus, j'étais étonnée de constater qu'il n'y avait que 500 euros, soit environ la moitié de ce qu'elle me devait", ajoute une ex-collaboratrice. La litanie des reproches ne s'arrête pas en si bon chemin, "ordres de virement factices" ou "chèques en bois" résument presque deux ans de collaboration avec ML Prestations à entendre ces anciens employés. Si un soupçon de confiance maintient le lien entre la direction et les salariés au début de la création de l'entreprise en 2009, celui-ci s'étiole considérablement en 2010, le tournant. Le réglement de comptes se conclura devant les Prud'hommes.

La juridiction paritaire donnera raison aux salariés en début d'année 2011. Tous les griefs des anciens salariés et prestataires auraient pu être balayés d'un trait si seulement la décision prud'hommales avait valeur exécutoire ferme. "L'huissier nous fait part à chaque fois de l'impossibilité de mettre la main sur un centime provenant du compte de la société", affirment des ex-salariés. Ce qui laisse à penser que tout est organisé pour faire transiter le moins de temps possible la moindre rentrée d'argent sur le compte de la société.

Les prestataires ou ex-prestataires de la société incriminée se disent également lésés. "Elle me doit 70.000 euros", ce constat désabusé vient du propriétaire du local qu'occupe la société. "Au début j'étais en excellente relation avec la gérante mais elle m'a planté", reconnaît-il. 

Encore 7.000 euros de salaires en attente et des vies professionnelles qui en dépendent

Autre coup de fil et même son de cloche. Une autre société qui traite avec ML Prestations tient à rester dans l'anonymat. Mais le témoignage de cette énième personne vient s'ajouter à une file d'attente impressionnante. "Elle ne me doit pas des mille et des cents mais elle me doit quand même. C'est d'ailleurs en discutant avec d'autres personnes de la société, et par hasard, que j'ai vu qu'elles aussi avaient les pires difficultés à se faire payer". Pour avoir une idée, certains employés attendent toujours des arriérés de salaires qui peuvent monter jusqu'à 7.000 euros.

De tous ces griefs à son encontre, Martine Lallemand tempère avant de répondre par l'offensive. "Il y a eu des décisions de justice, elle seront respectées", concède-t-elle. La gérante exclut d'ailleurs toute intention de "malhonnêteté" , en réponse au terme utilisé sans détour par ses anciens employés. D'ailleurs, devant cet angle d'attaque médiatique choisi par ces derniers, Martine Lallemand n'excluait pas d'intervenir (par une action en justice semble-t-il) "devant des personnes qui salissent le nom de la société".

Enfin, tout aussi significatif de ce malaise ambiant, la prestigieuse carte du groupe Pigier n'est plus entre les mains de la société réunionnaise. "Aucun commentaire là-dessus", dira la gérante avant que la réponse du groupe français ne nous parvienne : "La société ML Prestations n’est juridiquement plus une école franchisée Pigier depuis le 16 Aout 2011".

 

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