Santé à La Réunion : la CGTR Santé lance un appel pour "sauver l'hôpital réunionnais"

Derrière les murs du CHU et des EHPAD réunionnais, la souffrance du personnel s’intensifie. La CGTR Santé dénonce un manque criant de moyens et des politiques d’économie qui fragilisent la prise en charge des patients les plus vulnérables.
La CGTR Santé a tenu, ce jeudi 9 octobre à Saint-Denis, une conférence de presse pour alerter sur la dégradation du système de santé à La Réunion. Son secrétaire général au CHU, Frédéric Bache, dénonce un manque criant de moyens humains et financiers, une politique d’économies jugée "dramatique", ainsi que l’absence de communication des représentants des employeurs du secteur privé non lucratif.
Selon Frédéric Bache, la situation est critique dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux de l’île. "Les personnels sont en souffrance, ils manquent de budget, de matériel et de moyens humains", déplore-t-il. Le représentant syndical évoque des services du CHU Nord en sous-effectif chronique : "Hier soir encore, des collègues ont terminé une heure plus tard faute de personnel. On n’y arrive plus."
Pour la CGTR, les gouvernements successifs ont privilégié d’autres priorités budgétaires au détriment de la santé publique. "Tout le budget est orienté vers la défense au lieu d’être orienté vers la santé", s’indigne Frédéric Bache, appelant à "un véritable sursaut national et local pour sauver l’hôpital réunionnais".
Des plans d’économie qui fragilisent la prise en charge
Le syndicaliste dénonce également les plans d’économie imposés au niveau local. Selon lui, ces restrictions ont un impact direct sur la prise en charge des patients : "Les primes fondent comme neige au soleil, et on ne peut plus recruter faute de moyens. Pourtant, le CHU a perdu 15 millions d’euros de financement. Ce n’est plus possible."
Il pointe aussi du doigt la saturation des écoles d’infirmiers et le manque de formateurs, qui poussent de nombreux étudiants réunionnais à partir étudier à l’étranger. "Le vaisseau-amiral qu’est le CHU Réunion donne l’impression d’aller bien, mais il est en train de couler", prévient-il, évoquant le futur pôle Mère-Enfant comme un projet menacé par le manque de personnel.
Autre sujet de préoccupation : l’absence de position claire de la FEHAP et de NEXEM à La Réunion. Pour Frédéric Bache, cette situation traduit un désengagement vis-à-vis du territoire ultramarin. "Des conventions appliquées en métropole ne le sont pas chez nous. On a l’impression d’être des citoyens de seconde zone", regrette-t-il, en référence aux établissements privés à but non lucratif du secteur médico-social.
Pour un grand service public de la santé
Face à cette crise, la CGTR Santé appelle à la mise en place d’un "grand service public de la santé, de l’aide à l’autonomie et de l’action sociale", assorti d’une politique de formation et de recrutement ambitieuse. Le syndicat réclame notamment la création massive d’emplois dans les hôpitaux et les EHPAD, ainsi qu’une reconnaissance salariale des qualifications.
"Nous sommes là pour défendre la population réunionnaise, ses soignants, ses éducateurs et tous ceux qui œuvrent au service public", conclut Frédéric Bache. "Il faut nous donner les moyens, c’est tout ce que nous demandons."


