Sainte-Suzanne : des caméras “intelligentes” traquent les makots

Installée depuis le début de l’année, une caméra “intelligente” fait la chasse dans le centre-ville aux résidents qui ne respectent pas le calendrier de collecte. Et ça marche : les incivilités ont baissé de 63 %. Une deuxième caméra doit être installée dans les prochains mois pour traquer les makots des villes, mais aussi des champs.
Située à bonne hauteur, elle ne rate rien. Installée depuis le début de l’année sur le mât d’un luminaire, avec vue imprenable sur la façade de la résidence des Flamboyants, située dans le centre-ville, la caméra intelligente fait la chasse aux makots urbains.

Un algorithme dédié
Première du genre dans l’île, elle traque ceux qui ne respectent pas le calendrier de collecte édicté par la Cinor : bacs jaunes, déchets verts, encombrants… Tous ceux qui sortent leurs poubelles, vieux meubles et autres électroménagers rouillés plusieurs jours avant le passage des camions, transformant la rue ou le local à poubelles en véritable dépôt sauvage, n’échappent pas à l’optique affûtée de la caméra.
Première du genre à La Réunion, la caméra est capable de détecter, via un algorithme, une personne en train de jeter des déchets. Haute définition, la photo est ensuite immédiatement transmise sur l’ordinateur du chef de la police municipale, Éric Sinimalé. En plus de la photo du makot, la caméra fournit plusieurs autres informations utiles au policier pour remonter la trace du contrevenant. Dans 90 % des cas, il s’agit d’un des locataires de la résidence.
Pour mener son enquête, le policier municipal peut compter sur l’aide du bailleur, mais aussi sur celle d’habitants, excédés par le spectacle et les odeurs dégagées par les déchets abandonnés au pied de leur immeuble.

Sept procès-verbaux rédigés
Et ça marche. En six mois d’activité, la caméra a permis de faire baisser les incivilités de 64 %, chiffre le policier. Plus de 600 kilos de déchets ont été traités. Depuis le début de l’année, sept procès-verbaux ont été rédigés à l’encontre de makots, avec à la clé une amende de 35 euros. C’est plus si un véhicule a été utilisé, ce qui est le cas pour trois des PV (jusqu’à 1.500 euros possibles).
À noter qu’une certaine indulgence est pour l’instant appliquée par la police, avec une tolérance de deux jours vis-à-vis du non-respect du jour de collecte. L’objectif est de préserver le cadre de vie des habitants en sanctionnant ceux qui ne respectent pas les calendriers.
En particulier, ceux qui jettent leurs DEEE (Déchets d'Équipements Électriques et Électroniques), dont la collecte doit normalement être assurée par le vendeur lors de la livraison d’un nouvel appareil. Ce qui implique des collectes hors du circuit habituel, et donc un surcoût pour la collectivité.

Les habitants ont été informés en amont de la pose de la caméra, appelée à être déplacée vers d’autres dépôts sauvages urbains ou en zone rurale, avec l’autorisation du procureur.
Le test s’étant révélé concluant, la mairie projette d’acquérir une seconde caméra du même type, avec le soutien financier de la Cinor, pour un coût total d'environ 30 000 euros. Elle viendra s’ajouter aux deux pièges photographiques déjà en fonction sur le territoire de la commune, à la chasse aux makots des villes et des champs.


