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Sainte-Marie : pas de feu vert préfectoral pour But, Darty et Nature & Découvertes à Duparc

Ecrit par Julien Delarue – le lundi 24 novembre 2025 à 19H16
Photo extraite du rapport DEAL sur le projet porté par Amblain 3000

Avant même la tenue de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) prévue ce mercredi 26 novembre, le préfet a rendu un "avis défavorable conforme" au projet porté par la société Amblain 3000 (CAFOM). Ce projet d’ensemble commercial de 7 786 m² à Duparc, censé accueillir But, Darty et Nature & Découvertes, risque fort d’être compromis. Une information Zinfos974.

Le ton est donné avant même la réunion de la CDAC. Ce mercredi 26 novembre, les membres de la commission doivent examiner le projet de création d’un ensemble commercial de 7 786 m² à Sainte-Marie, porté par la société Amblain 3000, filiale du groupe Cafom. Mais le préfet a déjà tranché : son avis défavorable conforme, rendu quelques jours avant la séance, ferme pratiquement la porte à toute validation, selon nos informations.

En vertu de la loi Climat et Résilience, sans cet avis positif, le projet ne peut tout simplement pas être autorisé. « Le préfet a décidé de ne pas délivrer l’avis conforme nécessaire à la dérogation à l’interdiction d’artificialisation. À ce titre, le projet ne peut pas être autorisé », peut-on lire dans le rapport de la DEAL

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Pas une réponse aux besoins du territoire

Le rapport d’instruction pointe un dossier incomplet sur plusieurs aspects essentiels. Si le projet est bien situé en continuité d’espaces urbanisés, il « ne justifie pas de sa réponse aux besoins du territoire ». En clair, il s’agit davantage d’un déménagement d’enseignes déjà présentes à Saint-Denis que d’une offre nouvelle susceptible de dynamiser l’économie locale. Le texte relève aussi une artificialisation massive des sols – sur la parcelle de 25 600 m² concernée, près de 60 % auraient été bâtis ou bitumés. – et une analyse d’impact « manifestement insuffisante » sur la vitalité des centres-villes. Les six moyennes surfaces prévues dans le second bâtiment ne sont d’ailleurs pas identifiées, rendant impossible toute évaluation de leurs effets économiques.

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Plus d'extension de Duparc

Le document rappelle également que les études menées dans le cadre du futur Schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la CINOR recommandent l’arrêt de l’extension de la zone Duparc, déjà largement saturée. Ce dernier acte même une rupture : « Les besoins de nouveaux développements commerciaux étant limités, l’augmentation de l’emprise foncière des équipements commerciaux à l’échelle de la zone d’activité ne sera pas autorisée. Toute nouvelle implantation devra se faire en densifiant le foncier déjà artificialisé. » En clair, les marges de manœuvre sont épuisées pour de nouveaux bâtiments de grande taille.

Photo extraite du rapport DEAL sur le projet porté par Amblain 3000

L’État a aussi pointé d’autres faiblesses : un trafic automobile sous-estimé sur une zone déjà congestionnée, et une analyse pas assez poussée sur la gestion des eaux pluviales, cruciale à proximité de l’aéroport. Les six moyennes surfaces du second bâtiment n’étant pas identifiées, il est impossible d’en mesurer l’impact sur les commerces de proximité.

Enfin, l’étude d’impact sur la revitalisation des centres-villes a été jugée « manifestement insuffisante » : le transfert des deux plus grandes surfaces depuis le centre de Saint-Denis vers la périphérie renforcerait encore la concentration commerciale à Duparc, au détriment du cœur de ville.

Cet avis de la préfecture devrait remettre en cause le projet initial porté par le groupe Cafom, propriétaire des enseignes But, Darty et Nature & Découvertes. Né en 1985, le groupe s’est imposé comme un acteur majeur dans l’équipement de la maison, présent dans plusieurs territoires d’Outre-mer. Sa force repose sur un modèle intégré : maîtrise de la chaîne d’approvisionnement, centrale d’achat interne et sélection directe des produits auprès d’un large réseau de fabricants en Asie du Sud-Est, en Europe, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Cafom est également propriétaire du site européen de vente en ligne de mobilier Vente-unique.com, devenu un leader du e-commerce d’ameublement. À La Réunion, le projet de Duparc devait incarner cette stratégie de regroupement logistique et d’expérience client améliorée.

Principe de sobriété foncière

Mais cette vision d’un pôle commercial de nouvelle génération se heurte désormais au principe de sobriété foncière imposé par la loi. Comme le rappelle le rapport de la DEAL, « l’autorisation d’exploitation commerciale ne peut être délivrée pour une implantation ou une extension qui engendrerait une artificialisation des sols ». Le refus du préfet ferme donc la porte à toute autorisation d’exploitation dans cette configuration.

Les grands projets périphériques ne sont plus dans l’air du temps. L’avenir passe désormais par la densification, la rénovation et la réutilisation de sites existants.

Etiquettes : Sainte-Marie

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