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Sainte-Marie : Christian Annette dénonce les mécomptes du budget primitif

Ecrit par Eric Lainé – le mardi 8 avril 2025 à 21H09

Christian Annette a décortiqué le budget primitif 2025 que le conseil municipal de Sainte-Marie doit soumettre au vote mercredi matin. Il en soulève les inexactitudes et les fautes. Pire, il en dénonce le caractère "insincère", soupçonnant même des malversations.

En préambule, Christian Annette reconnaît qu'après 18 mois de restriction budgétaire, l'équipe municipale a redressé les comptes de la commune qui se trouvaient dans le rouge. Ainsi, Richard Nirlo et la majorité sont parvenus à combler un déficit de près de 16 millions d'euros. Une gabegie dont l'équipe Lagourgue, et donc Richard Nirlo, était comptable et qui a été résorbé au prix de sacrifices imposés à la population, nuance-t-il malgré tout. 

Le redressement sous contrôle préfectoral s'est soldé par des sacrifices avec "un budget raboté pour les services aux seniors, à la petite enfance ou encore l'entretien de la commune". Sans compter le patrimoine de la ville qui a été soumis à une sérieuse cure d'amaigrissement.

"Le droit à l'information est bafoué"

Mais ce n'est pas le plus préoccupant aux yeux du conseiller municipal qui constate une première entorse à la règlementation quant à la communication tardive des documents du Compte Financier Unique (CFU). "Nous avons été convoqués le 28 mars dernier pour le 9 avril, mais le budget primitif nous est seulement parvenu le 2 avril. Il faut savoir que le législateur a porté le délai de transmission du projet de budget aux élus de cinq à douze jours", peste Christian Annette. 

Mais ce n'est pas tout. "24 heures après, soit le 3 avril, nous avons reçu une nouvelle version du budget primitif qui remplace la première. Cela fait passer le délai à seulement six jours", poursuit l'opposant socialiste. Il en déduit que "le droit à l'information des élus est clairement bafoué et le débat budgétaire saboté".

Les priorités changent en 24 heures chrono

Au-delà de la forme, Christian Annette pointe un "incroyable tripatouillage des chiffres". Il observe que le budget primitif dans sa première version se monte à 94,44 millions d'euros (63,9 pour le budget fonctionnement et 30,5 pour l'investissement) quand la deuxième version atteint 114,1 millions d'euros (75,8 M€ et 38,28 M€). "C'est comme la multiplication des pains dans le désert, il a augmenté de 14 millions d'euros en 24 heures sans la moindre explication", ironise l'élu. 

Un autre point heurte Christian Annette. Il dénonce l'affectation de l'excédent budgétaire de 2024 qui enregistrait un solde positif de 14,87 millions d'euros. "Dans la version 1, ils avaient ventilé 11 millions d'euros à raison de 3 millions d'euros pour la section fonctionnement et 8 pour le secteur investissement", remarque-t-il. L'élu dit s'en "être alors réjouis""Je me suis dit qu'ils devenaient vertueux et que c'était une bonne nouvelle", commente-t-il. Mais il devait déchanter. Car en l'espace de 24 heures, la donne a sérieusement changé.

"Les pires pratiques sont de retour"

La version 2 affecte 14,87 millions d'euros au lieu de 11 millions à la section fonctionnement et seulement 3,683 millions d'euros pour la section investissement. Ce qui fait un total de 18 millions d'euros quand l'excédent se limite à 14,87 millions d'euros. "L'incohérence est énorme. Elle prouve l'insincérité des comptes avec un déséquilibre qui se monte à 3,6 millions d'euros", commente Christian Annette. Pour lui, il ne fait aucun doute que le contrôle budgétaire ne pourra qu'invalider le budget de la commune. "Si tel n'est pas le cas, cela signifie que l'on repart dans le déficit et que les Saint-Mariens vont en payer les pots cassés", déroule-t-il.

Les pompes funèbres ne font plus recette...

Passant le CFU à la loupe, Christian Annette s'est arrêté sur la ligne budgétaire consacrée aux pompes funèbres. Il a découvert que les recettes de fonctionnement avaient été de zéro euro pour l'année 2024. "Est-ce à dire qu'il n'y a pas eu de morts à Sainte-Marie ?", ironise-t-il. Évidemment pas. En fait, les textes imposent à ce service public industriel et commercial (SPIC) de s'équilibrer à partir de ses ressources propres. Or, au-delà de l'absence de recette, le service enregistre un déficit de 12 000 euros en 2024 que l'élu d'opposition qualifie de "dérapage".

Pour combler le trou des pompes funèbres et anticiper ceux à venir, l'équipe municipale a prévu de voter une subvention d'exploitation de... 45 000 euros. "C'est strictement interdit par la loi, car il s'agit d'un domaine concurrentiel", explique Christian Annette, en se référant à la batterie d'articles réglementant un SPIC. 

Pour l'élu d'opposition, la conclusion de tous ces petits arrangements n'a qu'un seul objectif. "A un an des municipales, on a rouvert les vannes, celle du budget de fonctionnement et des petits services rendus. Les pires pratiques sont de retour...", prévient-il.

Etiquettes : Sainte-Marie

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