Revenir à la rubrique : Politique

Saint-Louis: « Qui détient les manettes de la mairie? »

Ce mardi en fin d'après-midi se tenait le conseil municipal de Saint-Louis. La présentation des orientations budgétaires pour 2016 et le retour de Cyrille Hamilcaro à la mairie étaient au centre des discussions.

Ecrit par PB – le mercredi 09 mars 2016 à 05H25

La salle de l’école Hippolyte Foucque était pleine ce mardi 8 mars. Militants, citoyens, employés communaux ont fait le déplacement pour assister à un conseil municipal qui se déroulait dans un contexte politique particulier.

Samedi, l’ancien maire Cyrille Hamilcaro avait envoyé un courrier à l’ensemble des conseillers municipaux pour informer de son retour au sein de la mairie de Saint-Louis en tant que « conseiller et référent politique bénévole ». En 2014, il avait dû démissionner après sa réélection, condamné à  5 ans d’inéligibilité dans « l’affaire Surgine Fontaine ». 

Arrivé quelques minutes après le maire Patrick Malet, Cyrille Hamilcaro a finalement décidé de ne pas s’exprimer, après avoir annoncé dans ce même courrier qu’il assisterait désormais à « toutes les réunions de la commune ». 

Dès l’ouverture du conseil, de légères tensions sont apparues entre l’opposition et la majorité avec le transfuge vers la majorité de deux élues, Larissa Rousseau de l’équipe de Jean Piot et Laëtitia Boquiqueni sur la liste de Pierrick Robert. Pour Jean Piot, une désaffection qui « marque surtout un manque d’attachement à une idéologie et à une philosophie politique ».

 

La séance a commencé par la présentation des orientations budgétaires pour l’année 2016.  Le déficit pour l’exercice 2015 s’élèvera à 4,6 millions d’euros contre les 4,2 millions d’euros arrêtés par la préfecture dans le cadre du règlement d’office du budget 2015. Un objectif quasiment atteint « grâce à nos efforts » s’est félicité le maire. L’année 2016 devrait ainsi s’écouler « sans augmentation du taux des impôts sous couvert de l’audience devant la Chambre Régionale des Comptes », déclare Patrick Malet.

​ »C’est un collaborateur bénévole du service public »

Ces débats sur les orientations budgétaires étaient aussi l’occasion pour l’opposition de demander des explications sur le rôle exact de l’ancien maire au sein de la mairie, ce qui n’a pas manqué de susciter des réactions dans l’assistance. « L’embauche de Cyrille Hamilcaro comme conseiller des élus est une fonction qui n’existait pas », s’étonne Jean Piot.

 

Pour Patrick Malet, il s’agit d’une procédure tout à fait légale ayant fait jurisprudence. « En aout 2014, j’ai  été saisi par Cyrille Hamilcaro pour qu’il puisse faire bénéficier aux élus et administratifs de son expérience et sa proximité avec la population et cela pour prévenir de risques de tensions dans les quartiers et lors de situations urgentes. C’est un collaborateur bénévole du service public »

La tension est montée d’un cran quand Jeanne Toolsy du collectif contre la hausse des impôts à Saint-Louis s’est invitée dans les débats, apostrophant le maire qui a menacé de la conduire hors de la salle sous escorte de la police municipale. 

Le nombre de repas fabriqués par jour a également interloqué l’opposition. En 2015, 7500 repas ont été cuisinés par jour pour 4156 inscrits. « Il y a tout de même une différence de 3344 repas. Ou sont-ils passés? Se sont des enfants qui les consomment ou sont-ils détournés par certaines personnes comme par le passé? » questionne Philippe Rangama. « Si les familles ne peuvent pas payer on ne peut pas les mettre dehors », rétorque le premier magistrat. 

Les interventions de l’opposition durant ce conseil municipal n’ont pas manqué de faire référence au retour de Cyrille Hamilcaro qui comme promis a assisté aux débats sans pour autant s’exprimer publiquement. « Au final qui détient les manettes de la mairie? », lance Pierrick Robert ironiquement. Selon Jean Piot, l’ancien maire jouit d’un pouvoir tel que les dossiers avancent plus vite si celui-ci les soutient. 

 

 

Saint-Louis:

Thèmes :
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

NRL : Audrey Bélim salue la prise en compte de l’inflation par l’AFIT France

Interrogé par Audrey Bélim, Franck Leroy, nouveau président de l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport (AFIT France),a assuré à la sénatrice que l’organisme prendrait en compte l’inflation dans son soutien financier au projet, jusqu’en 2028. « C’est un point fondamental qui n’était pas acquis », rappelle la parlementaire.

Philippe Naillet s’exprime au sujet du Chlordécone et du Fipronil à La Réunion

Le 29 février 2024, cinq propositions de loi, dont une visant à renforcer la protection des mineurs dans le sport et d’autres concernant le soutien aux TPE, l’encadrement des frais bancaires et la lutte contre les pénuries de médicaments, ont été adoptées. Philippe Naillet s’est exprimé sur la responsabilité de l’État dans le scandale du Chlordécone, également examiné à cette occasion.