Saint-Benoît : Le "petit" trafic à plus de 70.000 euros d’un père de famille

"Des années sans travail et le désespoir" auraient conduit ce Bénédictin de 44 ans à recourir au trafic de drogues pour s’en sortir.
Depuis juin, il parvient à investir 500 euros par-ci par-là dans des cachets d’ecstasy, du LSD, des amphétamines et du cannabis.
L’ecstasy représente la part la plus importante de son commerce : il achète un cachet à 1 euro et le revend à 10 euros, soit un prix bien en-dessous du marché. Il les vend donc sans difficulté. Puis les commandes augmentent, l’argent est blanchi à travers sa belle-mère, à son insu, et il parvient à se faire un bénéfice non négligeable en 4 mois : 3500 euros. Bon, il ne s’agit pas non plus de Pablo Escobar. Et surtout, il se fait vite attraper. Lundi il est interpellé et placé en garde à vue.
"C’est un trafiquant moderne, auto-entrepreneur"
En effet, les douanes ont repéré les colis depuis août mais cherchent à mieux connaître le fonctionnement de ce trafic. Les enquêteurs n’ont pas à chercher bien loin car le prévenu leur explique humblement comment le trafic fonctionne.
La majorité de l’argent est sous forme de bit-coin. On ne retrouvera que 1000 euros en liquide à son domicile. "C’est un trafiquant moderne, auto-entrepreneur et il le fait intelligemment", avoue la procureure devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis où il est jugé en comparution immédiate.
Mais elle rappelle également qu’il "écoulait ses drogues sur les jeunes". "C’est lui qui nourrit notre activité pénale", ajoute-t-elle avant de préciser qu’il encourt 10 ans de prison.
Pour ce qui est de l’amende douanière, les douanes ont retenu ce qui a pu être saisi, à savoir plus de 3561 cachets d’ecstasy, 85 grammes de cannabis et 25 cachets d’amphétamine. La valeur du marché pour le tout serait de 71.945 euros qu’ils ont arrondi à 70.000 euros.
Ce père de famille sans histoire (du moins depuis trois condamnations avec sursis en 2008 et 2009) a donc été condamné à payer l’amende et à purger une peine de trois ans de prison ferme. Le séjour lui permettra peut-être de se défaire de son addiction. Il avoue avoir consommé en moyenne 16 cachets d’ecstasy tous les vendredi soirs.


