Saïd Larifou : "Je me suis réfugié dans le Sud de la Grande Comore"

Dimanche dernier, Saïd Larifou est agressé par plusieurs policiers, à l'aéroport de Moroni, au moment où il s'apprêtait à s'envoler pour Mohéli. L'avocat réunionnais, qui est aussi un des principaux opposants au président Sambi, a été frappé et étranglé. Il a perdu connaissance et a été transporté à l’hôpital El Maarouf de Moroni. Depuis quelques jours, il a repris connaissance et nous livre aujourd'hui ses impressions.
Saïd Larifou, tout d'abord, comment vous sentez-vous ?
Deux médecins m'ont examiné. J'ai des traces de strangulation, des courbatures et une fatigue générale depuis mon malaise. 24 heures après mon agression, quand j'ai repris connaissance, les scènes de violences sont revenues dans mon esprit.
Une marche blanche devait être organisée mais il a été décidé de l'annuler pour des raisons de sécurité.
Que s'est-il passé depuis que vous avez repris connaissance?
Je suis sorti de l'hôpital et mardi, avec un ami avocat, je me suis rendu à l'aéroport en direction de la Réunion. Nous étions en salle d'attente quand on m'a finalement annoncé que je ne pouvais pas partir. Des militaires sont arrivés et m'ont empêché de prendre l'avion une nouvelle fois.
Dans un tel contexte, je suis allé me renseigner auprès de la commission de l'Union Africaine afin qu'en cas de troubles graves, je puisse être protégé et mis en sécurité dans un pays africain proche, l'Afrique du Sud. Mais mon objectif est bien de rentrer à la Réunion.
Vous êtes actuellement caché ?
Je me suis réfugié dans le Sud de la Grande Comore. J'attends de décider avec mon entourage ainsi qu'avec les autorités diplomatiques de l'Union Africaine, d'Afrique du Sud et de la France ce qu'on peut me proposer au regard de la situation. Je pense que je vais devoir faire venir mes avocats sur place pour me défendre et pouvoir quitter le territoire.
Le combat peut-il continuer dans de telles conditions ?
On va continuer le combat. Il est partagé par des milliers de personnes qui vivent au quotidien ce que je viens de subir.



