Route digue de Saint-Paul : La Région sommée de respecter les précautions réglementaires

Les travaux sont lancés depuis des semaines. C’est donc sur le plan administratif que la Région Réunion devra corriger le tir pour répondre aux exigences du Code de l’environnement, de l’arrêté interministériel du 17 février 1989 portant mesures de protection des espèces animales à La Réunion ou encore de l’arrêté préfectoral du 10 mai 2022 régissant le système d’endiguement de la route Digue de Saint-Paul.
Le 11 juillet dernier, un inspecteur de l’environnement a constaté que les travaux entrepris pour l’élargissement de la quatre voies à partir du viaduc jusqu’au pont de l’étang s’affranchissaient des textes réglementaires portant sur les mesures de protection du milieu naturel et de stabilité de la digue protégeant le centre-ville des inondations.
Un élagage pour la Région, un déboisement pour la préfecture
Dans sa longue liste de « manquements administratifs » mentionnés dans sa mise en demeure, l’inspection reproche notamment aux travaux d'être configurés pour rejeter les eaux pluviales dans la réserve de l’étang sans traitement des pollutions, d’empiéter sur la zone rouge du plan de prévention des risques, d’empiéter en partie sur la réserve naturelle, ou encore que le déboisement a eu lieu sans expertise préalable d’un écologue. Une trouvaille est venue illustrer l’importance de telles précautions puisque deux nids, dont l’un probablement de hérons striés, ont été photographiés sur cet espace par les agents assermentés et commissionnés de la Réserve naturelle nationale de l’étang.
La mise en demeure souligne également la tentative de dédouanement de la Région qui a fait passer, dans son courrier de réponse à la mi-août, les opérations de déboisement pour un simple élagage sur la route digue. "Contrairement à ce qu'affirme le conseil régional, les opérations de déboisement n'ont pas été réalisées pour l'entretien du domaine public routier régional et de la route digue mais bien dans le but de procéder à la création de la voie de bus et des ouvrages de gestion des eaux pluviales et uniquement à cette fin", ajuste sèchement l'arrêté préfectoral.
A compter de la mise en demeure publiée le 23 août, la Région, maître d’ouvrage de ces travaux, dispose de quinze jours pour déposer une demande d’examen "au cas par cas" qui permettra de déterminer si son projet doit être soumis ou non à évaluation environnementale et dispose d’un mois pour déposer un dossier de régularisation des ouvrages existant pour son réseau de gestion des eaux pluviales de la RN1.
Les travaux préparatoires du pont de l’étang Saint-Paul démarrent


