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Rivière des Pluies : des travaux d’urgence pour stabiliser le lit avant la saison cyclonique

Ecrit par J.D. – le dimanche 30 novembre 2025 à 12H00

La préfecture a donné son feu vert à des travaux d’urgence dans la Rivière des Pluies. L’arrêté signé le 20 novembre autorise la DEAL à intervenir sur le secteur de Domenjod, à la frontière entre Saint-Denis et Sainte-Marie. Objectif : sécuriser un tronçon fragilisé par l’érosion avant que la saison cyclonique ne batte son plein.

C’est un chantier déclenché dans l’urgence, avant les grosses pluies de l’été austral. Face à la déstabilisation progressive des berges de la Rivière des Pluies, le préfet de La Réunion a autorisé la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) à engager des travaux de reprofilage du lit. Une décision motivée par un « danger grave et imminent » : l’érosion du chenal et les dépôts d’alluvions menacent directement les habitations, les réseaux et plusieurs ouvrages publics situés dans le secteur de Domenjod.

Ce n'est pas une suprise. Depuis plusieurs années, les crues répétées et le passage des cyclones — de Diwa en 2006 à Garance plus récemment — ont profondément modifié le cours de la Rivière des Pluies. Son bras principal s’est déplacé, grignotant peu à peu les berges et fragilisant les zones habitées.

Des amas de pierres, de gravats et de troncs obstruent encore le lit du cours d’eau, accentuant le risque de débordement en cas d’intempéries. Un collectif de riverains a alerté régulièrement les autorités sur cette situation jugée critique. Pour Erick Aure, habitant du quartier depuis l’enfance, que nous avions rencontré en juin dernier, la rivière se rapproche dangereusement des maisons, des commerces et même d’une pharmacie : “Une sécurisation d’urgence doit être faite avant la fin de l’année”, insistait-il, rappelant que le basculement des eaux et l’absence de protection pérenne ont aggravé la vulnérabilité du secteur.

Lire aussi : Rivière des pluies : une épée de Damoclès pèse sur les riverains

Intervention sur 1,3 km

Sur plus de 1,3 km, entre Saint-Denis et Sainte-Marie, les engins vont intervenir pour remettre le cours d’eau dans son axe et consolider les zones les plus vulnérables. L’arrêté préfectoral précise un couloir d’action d’environ 35 mètres de large, où les équipes devront déplacer des alluvions, combler des zones d’affouillement et poser de gros blocs pour stabiliser les berges. L’objectif : réduire la pression hydraulique avant la montée en puissance des précipitations cycloniques.

Mais si l’urgence commande, les travaux restent encadrés par des règles strictes. Le texte impose à la DEAL une série de mesures environnementales : interdiction de rejets polluants, contrôle technique des engins, surveillance continue de la qualité des eaux, gestion rigoureuse des déchets. Toute pollution accidentelle devra être traitée immédiatement. Les horaires de travail sont également restreints — entre 7h et 17h30, avec une tolérance jusqu’à 18h en cas d’urgence — pour limiter les nuisances sonores et la gêne pour les riverains.

L’autorisation court jusqu’au 15 avril 2026, soit toute la durée de la période cyclonique. À la fin du chantier, la DEAL devra remettre les lieux en état et transmettre à la préfecture un plan de récolement détaillant les aménagements réalisés. L’arrêté sera affiché en mairie de Saint-Denis et de Sainte-Marie, et mis à disposition du public conformément aux obligations d’information environnementale.

Ce n’est pas la première fois que la Rivière des Pluies fait l’objet d’une telle intervention. Chaque épisode de crue y redessine le paysage, fragilisant par endroits les berges et menaçant les zones urbanisées en aval. Ces travaux d’urgence doivent permettre de gagner du temps avant un éventuel programme plus durable de protection hydraulique, dans une rivière dont la puissance et la variabilité font régulièrement parler d’elles dès que la saison cyclonique s’installe.

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