Revenir à la rubrique : Océan Indien

RFO Mayotte sera t-elle sanctionnée par le CSA?

Mayotte 1ère (anciennement appelée RFO Mayotte) est accusée de censure et de désinformation par un collectif d'associations ayant organisé des manifestations en "mémoire aux milliers de victimes en mer". Elles ont saisi le CSA qui s'est déjà engagé à instruire la plainte.
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 27 février 2011 à 09H36

Mayotte 1ère s'est-elle rendu coupable de censure ? C'est la question que vient de poser un collectif de quatre associations qui estiment que la chaîne du service-public a failli a sa mission d'information lors des dernières manifestations organisées "en mémoire aux milliers de victimes en mer."

Le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) a accusé réception de la plainte tout en assurant qu'elle serait instruite, tout en prévenant qu'il faudrait plusieurs semaines pour connaître la décision : "Etant donné le nombre de plaintes à étudier et la complexité de certains dossiers, ce travail d'instruction peut prendre parfois plusieurs semaines" a notamment répondu le CSA.

L'objet de la plainte concerne plus particulièrement un journal télévisé qui a fait suite aux manifestations pour "dénoncer les nombreux abus perpétrés sur l’île et les lois bafouées par les autorités à Mayotte" (lire notre article http://www.zinfos974.com/Mayotte-Les-methodes-de-la-gendarmerie-dans-la-chasse-aux-clandestins-denoncees_a26054.html). Le cortège s’est rendu devant différentes administrations telles que la gendarmerie, le conseil général et la préfecture.

 

Des propos discriminatoires

Durant toute la manifestation, "une équipe de télévision de RFO a suivi le cortège du début à la fin et le soir même, un court reportage a été diffusé sur la chaîne" précisent les auteurs de la plainte. Les organisateurs reprochent également à la chaîne de n'avoir consacré qu'une quinzaine de secondes à la manifestation, mais surtout, ils se sont indignés de constater que RFO avait invité pour l'occasion une représentante de l’association "Solidarité Mahoraise" qui a fait part de son désaccord avec cette manifestation, en plus d'avoir contribué à l'organisation d'une contre-manifestation.

Il semblerait que cette personne ait été longuement interrogée par la présentatrice. Lors de ce journal, diffusé en partie en langue régionale, l'invitée aurait notamment eu des propos discriminatoires et la chaîne aurait contribué à désinformer la population sur les raisons réelles de la manifestation, selon le collectif.

Les manifestants dénoncent ces amalgames

L'invité aurait notamment laissé croire que la manifestation aurait eu pour objectif de remettre en cause la départementalisation et les "visas Balladur" qui datent de 1995 et qui obligent les Comoriens à obtenir un visa pour venir à Mayotte. Les manifestants dénoncent ces amalgames, leur unique objectif étant de lutter pour les droits des sans-papiers et notamment pour les milliers de victimes qui périssent chaque années sur les kwassa-kwassa (les embarcations sur lesquelles les Comoriens se rendent à Mayotte). Ils manifestaient donc selon eux pour "un rappel à la loi" et non pour que Mayotte redevienne comorienne.

 

Pas de droit de réponse

Les organisateurs ont immédiatement pris contact avec la chaîne de télévision pour savoir pourquoi ils n'avaient pas été invités sur le plateau et afin d'obtenir "un droit de réponse dans les mêmes conditions, pour rétablir la vérité sur les motivations réelles de ce rassemblement."

Ils ont également, semble t-il, contacté le rédacteur en chef mais sans succès et d'après le courrier qu'ils ont envoyé au CSA, "l'accueil a parfois été particulièrement désagréable. Il nous a répondu qu’il ne répondrait pas favorablement à notre demande (...) Il est insupportable de voir à quel point nos efforts pour tenter de rétablir la vérité ont été vains auprès des responsables de la chaine qui refusent de nous donner la parole pour réagir aux accusassions injustifiées perpétrées lors de ce journal" concluent-ils.

La situation n'est donc pas simple et elle pourrait finir par faire grand bruit. Derrière cela, c'est encore une fois la problématique des relations entre Mayotte et les autres îles des Comores, entre Mahorais et Anjouanais, notamment le problème de la clandestinité qui resurgit.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :