Quel bombardier d'eau pour le relief réunionnais ?

Dash-8. Son évocation est à jamais associée au déjà gigantesque incendie du Maïdo version 2010. Mais les solutions aériennes en matière de lutte contre le feu ne se limitent pas au Dash. D’ailleurs, le Préfet de la Réunion, Michel Lalande, n’a eu de cesse de rappeler ces derniers jours que son intervention est définitivement exclue.
Ce matin encore, la Préfecture a été contrainte de communiquer sur la non-venue du Dash-8, finalement qualifié de "peu maniable" et "lourd". Étonnant lorsque l'on se rappelle son intervention, saluée de tous il y a un an.
Pour rappel, le Dash-8, nom contracté de Dash Havilland Canada soit DHC-8, peut contenir une charge utile en eau de 12.000 litres. Une aubaine au regard des 600 à 1.000 litres que peuvent transporter dans la poche d'eau à sangle extensible "bambi bucket" les cinq hélicoptères du civil agréés par la Préfecture et dont les efforts combinés restent désespérément limités.
Dans le monde, plusieurs types d’appareils sont utilisés. Citons parmi eux, le Tracker S-2FT également appelé Turbo FIRECAT. Celui-ci est l’un des plus utilisés en France. En général, les missions du Tracker s’effectuent à deux appareils en simultané, pour plus d’efficacité. La société canadienne Conair Aviation est, actuellement, celle qui affrète les Tracker de la sécurité civile française.
Les avions légers semblent être privilégiés dans le monde
Cependant, avec une capacité de 3.400 litres (quatre soutes sélectionnables), l’utilité du Tracker est surtout intéressante pour une rapidité d'action de premier niveau sur les feux. Dès lors que la superficie se chiffre à des centaines d’hectares, un appareil plus volumineux devient indispensable. De plus, comme pour le Dash-8, au-delà de la priorité donnée au volume utile, c’est aussi la capacité à combiner du produit retardant qui est déterminante. Additionné à l’eau, ce produit coloré (rouge) recouvre la végétation d'une pellicule ignifuge. Ce qui a pour effet de multiplier l’efficacité des largages.
Dans la même catégorie des avions légers, les AT 802 Fireboss, d’une capacité de 2.500 à 3.200 litres (selon la charge de carburant), offrent une solution immédiate, aux premières heures d’un incendie. Utilisé à l’époque pour l'épandage agricole, ce type d’appareil est désormais reconverti en bombardier d'eau. L’Espagne, par exemple, dispose de 15 appareils légers et le Canada cinq.
Aux oubliettes le Canadair !
Plus proche de nous enfin, l’Afrique du Sud dispose d’appareils légers. Citons les PZL-Mielec, Cessna C182P ou enfin les Ayres S2R (voir les photos plus bas). Tous ont en commun un chargement en eau qui se fait sur le tarmac et une capacité moyenne (pas plus de 3.000 litres). Capacité qui reste toutefois trois fois plus importante que celle des hélicoptères bombardiers.
Canadair enfin a été le premier fabricant à proposer avec le CL-215 un avion expressément conçu comme bombardier d’eau. A tel point que la marque Canadair est toujours associée aux avions de lutte contre le feu. Avec une charge de 6.000 litres d’eau, soit deux fois moins qu’un Dash, son opérabilité à la Réunion est vite vue. Le chargement de son réservoir est conçu pour un passage au contact d’une eau complètement calme comme une rivière ou un lac, voire une mer non agitée. Nous ne sommes donc pas prêts de voir un Canadair voler dans le ciel réunionnais de sitôt.



