Procès de la Cité des dirigeants : Christophe Di Donato et Gérald Maillot condamnés à trois ans de prison avec sursis

La cour d’appel de Saint-Denis a condamné ce jeudi Christophe Di Donato et Gérald Maillot à trois ans de prison avec sursis dans l’affaire de la Cité des dirigeants. Les deux hommes devront également rembourser près de 700 000 euros à la Cinor et sont frappés de lourdes interdictions professionnelles et politiques.
Ce jeudi matin, la cour d'appel de Saint-Denis a rendu son délibéré dans l'affaire dite de la Cité des dirigeants, jugée le 20 juin dernier. Christophe Di Donato a été condamné à trois ans de prison avec sursis et à l'interdiction de gérer une société pendant cinq ans. Gérald Maillot, alors président de la Cinor, a également écopé de trois ans de prison avec sursis et d'une peine d'inéligibilité de cinq ans.
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Surtout, les deux hommes ont été frappés au portefeuille puisqu’ils sont solidairement condamnés à verser à la Cinor la somme de 692 604 euros à titre de dommages et intérêts et 2 000 euros pour les frais d’avocat de la même partie civile. Gérald Maillot doit en outre verser 1 500 euros de dommages et intérêts à l’association Anticor ainsi que 500 euros pour ses frais d’avocat.
Le 20 juin dernier, le procès en appel de la Cité des dirigeants s'était focalisé sur le montage juridique et financier qui avait permis à la Cinor et à la Civis de contourner les règles pour pouvoir investir près de 1,4 million d'euros de fonds publics dans une formation de haut vol à La Réunion. “Le projet était de mettre en relation les chefs d'entreprise, les cadres administratifs et les politiques”, avait déclaré Gérald Maillot.
L'ex-président de la Cinor entendait ainsi justifier l'emploi d'une taxe professionnelle de 700 000 euros consacrés à la formation, alors que cette prérogative n'entrait pas dans le champ de compétence de sa collectivité, mais bien dans celui de la Région Réunion.
Pour sa part, Christophe Di Donato s'était offusqué d'être traité “avec acharnement comme le cerveau d'une escroquerie de grande envergure depuis six ans”.
“De la poudre aux yeux”
Lors de son réquisitoire, la procureure générale, Fabienne Atzori, avait indiqué que la Cité des dirigeants n'était “que de la poudre aux yeux”. Pour autant, elle avait demandé que les faits soient requalifiés en détournement de fonds publics et complicité en lieu et place du chef de poursuite initial d'escroquerie. Ce que la cour a entériné dans son arrêt. Pour sa part, la procureure générale avait requis deux ans de prison ferme et cinq ans d'interdiction de gérer à l'encontre de Christophe Di Donato et un an à dix-huit mois de prison avec sursis pour Gérald Maillot, assortis d'une peine d'inéligibilité de cinq ans.
La représentante du ministère public n'avait pas requis de peine contre le directeur de cabinet de la Cinor, Joël Périgaud, et Arnaud Cottereau, le collaborateur de Christophe Di Donato. En défense, les avocats avaient tous plaidé la relaxe pure et simple de leurs clients. En vain pour les deux principaux protagonistes de l'affaire, les deux autres prévenus ayant été relaxés.


