Revenir à la rubrique : Faits divers

Prise illégale d'intérêts : 6 mois de prison avec sursis requis contre Olivier Rivière

L'édile de Saint-Philippe était convoqué au tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce matin, pour prise illégale d'intérêt. Le parquet a requis 6 mois de prison avec sursis et laissé le tribunal décider d'une peine d'inéligibilité, réclamée par l'association Anticor, partie civile.
Ecrit par Prisca Bigot – le jeudi 20 août 2020 à 09H30

Les faits reprochés à Olivier Rivière sont multiples: d'une part, il a touché 11 000 euros par mois de 2016 à 2018, cumulant les indemnités de ses fonctions de maire, vice-président de la CASUD, vice-président au Conseil régional et son salaire de PDG de NEXA, l’agence Régionale de Développement, d'Investissement et d'Innovation, dépassant ainsi le plafond prévu de 8434,25 euros par mois. D'autre part, il lui est reproché une prise illégale d'intérêts dans une histoire de permis de construire pour sa villa de 194 m2 en 2016.

Concernant le permis de construire ainsi que sa modification, Olivier Rivière évoque "une erreur d'aiguillage" de ses services, et quant à l'écrêtement de ses salaires, il évoque cette fois "une mauvaise interprétation des textes".  L'association de lutte contre la corruption Anticor est partie civile dans l'affaire, ainsi que la région Réunion, qui, elle, vient en soutien de son vice-président. Anticor a réclamé un euro symbolique de dommages et intérêts mais surtout une peine d'inéligibilité. La Région a quant à elle, dans sa plaidoirie que la mauvaise interprétation des textes par Olivier Rivière ne constitue pas une infraction, ce que la procureure Caroline Calbo a jugé "étonnant", arguant que "élu local depuis 2009, il ne pouvait pas ignorer sa responsabilité".

La procureure a requis une peine de 6 mois de prison avec sursis, une amende de 10 000 euros, et laissé au tribunal apprécier de la nécessité d'une peine d'inéligibilité, Olivier Rivière n'ayant, jusqu'à ce jour, jamais été condamné, et ayant remboursé plus de la moitié des 75 000 euros de trop-perçu. Les conseils d'Olivier Rivière ont plaidé la méconnaissance d'une disposition d'un texte de loi, concernant les indemnités. Quant à ses salaires perçus en tant que PDG de Nexa, fonction qu'il occupe encore actuellement, ils n'entrent pas dans le cadre   de l'écrêtement des indemnités d'un élu, a fait valoir le bâtonnier Djalil Gangate. Le délibéré est fixé au 29 octobre prochain.

 

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :