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Premiers lâchers de moustiques mâles stériles à Langevin pour lutter contre la dengue et le chik

Ecrit par N.P. – le vendredi 29 août 2025 à 07H01
Les moustiques se contaminent en piquant une personne infectée, puis propagent la maladie à d'autres individus

Et si des moustiques pouvaient aider à en combattre d’autres ? C’est le pari du projet OpTIS, qui a débuté ce mardi à Saint-Joseph avec les premiers lâchers de moustiques mâles stériles imprégnés d’un larvicide.

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies à La Réunion. Le projet OpTIS (Opérationnalisation de la Technique de l’Insecte Stérile), porté par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Cirad, est entré dans sa phase opérationnelle avec les premiers lâchers de moustiques mâles stériles imprégnés de larvicide, ce mardi 26 août, à Langevin (Saint-Joseph).

Une technique innovante contre Aedes albopictus

Financé par le FEDER, la Région Réunion, le ministère de la Recherche et le ministère de la Santé, ce projet vise à améliorer l’efficacité de la technique de l’insecte stérile (TIS) contre l’Aedes albopictus, principal vecteur de la dengue, tout en l’élargissant à d’autres moustiques comme l’Aedes aegypti, responsable du chikungunya et de la fièvre jaune.

La TIS consiste à relâcher des mâles stériles qui, en s’accouplant avec des femelles sauvages, empêchent la reproduction et réduisent progressivement la population. Dans sa version "renforcée", déployée par OpTIS, les moustiques sont imprégnés de pyriproxifène, un larvicide de troisième génération utilisé à très faible dose, ce qui permet de cibler plus efficacement les gîtes larvaires.

Des résultats prometteurs déjà observés

Cette nouvelle phase s’appuie sur plus d’une décennie de recherches. À Sainte-Marie, un premier essai pilote mené entre 2021 et 2022 avait permis d’atteindre 60 % de stérilité induite dans la population de moustiques. De son côté, le projet Revolinc, coordonné par le Cirad à Saint-Joseph, avait réduit en 2021 la population d’Aedes aegypti de 91 % en fin d’expérimentation.

Avec OpTIS, l’ambition est d’aller plus loin en testant la méthode sur un territoire élargi, tout en évaluant son acceptabilité par la population et son efficacité en conditions réelles.

Un projet pilote à grande échelle

Encadré par un arrêté préfectoral délivré en avril 2025, l’essai de Saint-Joseph se déroulera sur 18 mois une première phase de six mois (août 2025 – février 2026) avec des lâchers hebdomadaires sur 60 hectares, suivie d’une phase de douze mois (mars 2026 – février 2027) couvrant 175 hectares.

Chaque semaine, environ 1.000 mâles stériles imprégnés par hectare seront lâchés, soit plusieurs centaines de milliers d’insectes au total.

Une fierté pour Saint-Joseph

Partenaire du projet, la mairie de Saint-Joseph salue une avancée majeure pour la santé publique et l’environnement.

"Avec les premiers lâchers opérationnels de moustiques mâles stériles à Langevin, notre commune devient le terrain pionnier du projet OpTIS, une innovation scientifique et environnementale majeure", souligne Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph.

Et d’ajouter : "C’est un projet réunionnais pour les Réunionnais qui illustre parfaitement notre savoir-faire. Il ouvre la voie à une réponse durable face aux menaces que représentent les maladies transmises par les moustiques."

Etiquettes : Chikungunya | Dengue | Saint-Joseph

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