Revenir à la rubrique : National

Pluralisme à Radio France : la présidente s’explique devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public

Ecrit par N.P. – le jeudi 18 décembre 2025 à 08H16
Capture d'écran Youtube (Assemblée nationale)

Auditionnée ce mercredi 17 décembre par la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, la présidente-directrice générale de Radio France, Sibyle Veil, a défendu le pluralisme des antennes du groupe public. Elle a souligné un décalage entre les critiques et la réalité de la production quotidienne des rédactions.

Après Delphine Ernotte pour France Télévisions, Sibyle Veil était entendue par les députés de la commission d’enquête présidée par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), avec Charles Alloncle (Union des droites pour la République – UDR) comme rapporteur. Pendant près de quatre heures, la patronne de Radio France a répondu aux questions des parlementaires sur l’indépendance éditoriale, le pluralisme et la gestion financière du groupe public.

Lire aussi : Audiovisuel public : Delphine Ernotte-Cunci défend la neutralité et la gestion de France Télévisions devant les députés

"Je constate une distorsion entre la réalité de ce que nous produisons tous les jours et l’image qui est envoyée en ce moment de l’audiovisuel public", a-t-elle déclaré.

La polémique autour de la vidéo impliquant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen a occupé une grande partie de l’audition. Sibyle Veil a reconnu les propos de Thomas Legrand ("Nous, on fait ce qu'il faut pour Rachida Dati") comme "problématiques", tout en précisant que ce dernier n’était plus à Radio France et agissait en tant que journaliste de Libération. Elle a défendu la réaction de Radio France, qui avait suspendu Legrand à titre conservatoire, tandis que Patrick Cohen n’avait pas été sanctionné.

Un baromètre du pluralisme pour évaluer la diversité

Interrogée sur le pluralisme de France Inter, pointé par une enquête de l’Ifop pour Marianne, la dirigeante a réfuté toute orientation politique de la station : "France Inter n’est ni de droite ni de gauche". Elle a annoncé la création d’un "baromètre du pluralisme", destiné à évaluer la diversité des invités et des thèmes, dont la première version sera publiée ce vendredi.

Sibyle Veil a également abordé les finances de Radio France, rappelant que 250 emplois avaient été supprimés entre 2019 et 2022 et que le groupe public coûte 80 centimes par mois et par Français. Elle a précisé que 120 millions d’euros d’économies avaient été réalisés en dix ans, soit 20 % du budget.

La présidente a mis en avant les reconnaissances obtenues par Radio France, avec un satisfecit conjoint de la Cour des comptes et de l’Inspection générale des finances, "suffisamment rare pour pouvoir être rappelé". Elle a insisté sur l’engagement du groupe à maintenir la qualité et l’indépendance de ses programmes.

Les auditions de Thomas Legrand et Patrick Cohen sont prévues jeudi après-midi, alors que la commission poursuit son travail sur l’équilibre et la neutralité de l’audiovisuel public.

Etiquettes : Médias | Radio France

Dans la même rubrique

0💬
Tri :