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Affaire Lyhanna : un bug informatique a empêché la justice de recevoir des signalements contre Jérôme Barella

Ecrit par Zinfos974 – le vendredi 17 juillet 2026 à 11H20
Image d'illustration (Pierre Marchal / Anakao Press®)

Un deuxième pré-rapport de l'Inspection générale de la Justice (IGJ) et de l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) met en lumière plusieurs défaillances dans le traitement des signalements visant Jérôme Barella avant la mort de Lyhanna. Parmi elles, un dysfonctionnement informatique ayant empêché la transmission d'un courriel au parquet d'Auch.

De nouveaux éléments viennent éclairer les défaillances ayant précédé l'affaire Lyhanna. Dans un deuxième pré-rapport rendu public jeudi 16 juillet, l'Inspection générale de la Justice (IGJ) et l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) détaillent plusieurs dysfonctionnements dans le traitement de signalements visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de l'adolescente et récemment mis en examen pour viol et meurtre.

Les inspecteurs reviennent notamment sur une information préoccupante rédigée le 10 février 2026 par un travailleur social après les confidences d'une mineure placée en maison d'enfants. La jeune fille évoquait des gestes qu'elle disait avoir subis lors d'une soirée pyjama organisée au domicile de Jérôme Barella durant l'été 2025.

Un courriel bloqué par le filtre anti-spam

Selon le rapport, cette information a bien été transmise par courriel au parquet d'Auch en mars. Pourtant, elle n'est jamais arrivée à destination.

Lire aussi : Affaire Lyhanna : les premières conclusions du rapport accablent une chaîne de "dysfonctionnements"

Les inspections expliquent que le message a été bloqué par le filtre anti-spam de la messagerie du ministère de la Justice. Aucun accusé de réception ni message d'erreur n'a été renvoyé à l'expéditeur, empêchant les services de protection de l'enfance de constater que le signalement n'avait jamais été reçu.

Les auteurs du rapport précisent que ce dysfonctionnement, jusque-là inconnu selon eux, fait toujours l'objet d'investigations afin d'en déterminer précisément l'origine et d'y remédier.

Un second signalement transmis avec plusieurs mois de retard

Le pré-rapport met également en évidence un autre manquement. Lors de ses échanges avec les éducateurs, une deuxième mineure avait elle aussi dénoncé des faits survenus lors de cette même soirée pyjama, évoquant des agissements de Jérôme Barella pendant la nuit ainsi qu'au cours d'une baignade.

Contrairement au premier signalement, celui-ci n'a été transmis au parquet d'Auch que le jour de la découverte du corps de Lyhanna, plusieurs mois après le recueil de la parole de l'adolescente.

Pour les inspecteurs, ces éléments auraient pu modifier l'appréciation du risque par les magistrats.

Des alertes qui auraient pu changer l'évaluation du danger

Dans leurs conclusions provisoires, l'IGJ et l'IGGN estiment que la réception de ces deux signalements aurait pu permettre au parquet des mineurs d'Auch de « prendre la pleine mesure du risque encouru par les mineures ». Les inspecteurs considèrent également que ces nouvelles informations auraient pu conduire la justice à réexaminer des procédures déjà ouvertes ou classées concernant Jérôme Barella.

Lire aussi : Plus de 970 dossiers jugés prioritaires en France : comment la justice accélère après l'affaire Lyhanna

Le rapport revient enfin sur une précédente enquête ouverte en 2022 dans le Pas-de-Calais après des accusations de viol sur mineure. Selon les inspections, cette procédure a souffert d'un manque de moyens et de délais particulièrement longs avant d'être classée sans suite en 2024.

Ce deuxième pré-rapport intervient alors que les circonstances ayant conduit au traitement des différents signalements continuent d'être examinées par les inspections, afin d'identifier les éventuelles responsabilités et d'éviter que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent.

Etiquettes : Affaire Lyhanna | Justice | PU1

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