Audiovisuel public : Delphine Ernotte-Cunci défend la neutralité et la gestion de France Télévisions devant les députés

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, a défendu mercredi la neutralité éditoriale et la gestion du groupe, au cœur de plusieurs polémiques récentes.
Longuement auditionnée devant la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, a vigoureusement défendu, mercredi 10 décembre, la ligne éditoriale et la gestion du groupe. Interpellée sur les controverses récentes et sur la situation financière jugée préoccupante, la dirigeante a assuré agir "avec transparence et responsabilité".
La commission d’enquête a été créée à la suite de la polémique suscitée par la diffusion de vidéos montrant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen discutant avec des dirigeants du Parti socialiste. Face au rapporteur Charles Alloncle (UDR), elle a assuré que France Télévisions reste "exemplaire" en matière de transparence et d’équilibre des opinions, tout en reconnaissant des erreurs ponctuelles. "France Télévisions est un média financé par tous. Il doit donc s’adresser à tous", a rappelé la dirigeante.
La dirigeante a également tenu à distinguer le service public de chaînes privées comme CNews, qu’elle avait qualifiée plus tôt dans l’année de "chaîne d’extrême droite". "Je considère que nous ne faisons pas le même métier", a-t-elle précisé, évoquant des "modèles éditoriaux différents".
Dans le prolongement de ces échanges, elle a annoncé la création prochaine d’une direction transversale de la déontologie, visant à harmoniser les standards professionnels entre programmes internes et productions externes.
Une situation financière jugée "critique" par la Cour des comptes
Sur le plan financier, la présidente a répondu aux inquiétudes soulevées par le rapport de la Cour des comptes, qui pointe une "situation critique" du groupe : érosion de la trésorerie et baisse des capitaux propres. Delphine Ernotte-Cunci a cependant défendu les "efforts massifs" réalisés depuis 2015, évoquant une réduction de 500 millions d’euros des coûts pour le contribuable, la baisse des effectifs (-10,3 % entre 2017 et 2023) et le renforcement de la production interne.
Les salaires ont également été minutieusement examinés. Le député UDR a dénoncé "un certain nombre de gabegies", affirmant qu’une trentaine de directeurs seraient rémunérés au-dessus du président de la République. Delphine Ernotte a répondu en rappelant que, parmi les dix plus hauts salaires, seuls quelques animateurs emblématiques sont concernés, en dehors du sien. Elle a précisé que tous les salaires supérieurs à 100.000 euros sont validés par le ministère de l’Économie et des Finances.
Interpellée sur des dépenses internes, notamment 1,5 million d’euros en achats alimentaires pendant la crise sanitaire, elle a assuré qu’il s’agissait de "paniers repas" pour les salariés mobilisés durant le Covid. Sur les rémunérations, elle a précisé que tous les salaires supérieurs à 100.000 euros sont validés par le ministère des Finances, y compris le sien, fixé à 400.000 euros bruts en 2024.
Cette audition marque une nouvelle étape dans les travaux de la commission, qui poursuivra ses investigations le mercredi 17 décembre prochain avec les auditions de Sibyle Veil, PDG de Radio France, suivie jeudi 18 décembre par la directrice de France Inter Adèle Van Reeth et les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand.


