Philippe Naillet : « Il fallait voter la censure pour mettre la pression sur François Bayrou »

Le député PS de la 1ère circonscription de La Réunion fait partie des huit parlementaires socialistes à avoir voté la censure du gouvernement de François Bayrou, jeudi 16 janvier à l’Assemblée nationale. Il s’en explique.
- Philippe Naillet, vous aviez vivement critiqué le discours de politique général de François Bayrou. Vous n’avez pas changé de direction au moment du vote de la motion de censure...
- J'ai maintenu le cap parce que je considère que les victoires, elles s'apprécient au moment du débat budgétaire et après le vote du budget. Il fallait voter la censure pour mettre la pression sur François Bayrou et son gouvernement.
Il s’agissait de mettre un avertissement, parce qu'entre nous, tout le monde savait qu'à partir du moment où le RN ne votait pas la motion de censure, il n'y avait pas de risque, ou pas de chance, selon le point de vue où l'on se place, qu’elle soit adoptée.
Ce qui m'a guidé hier, c'est l'exigence. Bien sûr qu'il y a des petites avancées, sauf que le vrai sujet ce n'est pas d'ouvrir des postes d'enseignants, le vrai sujet c'est de revaloriser ce métier qui ne séduit plus.
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Sur des sujets plus réunionnais, comme le financement de l'apprentissage, on le baisse alors qu'on en a besoin. C’est comme pour le financement des contrats PEC : il y a eu un petit geste, mais ce n'est pas pas suffisant et ça ne fera pas la différence.
« Faure savait très bien que quelques-uns voteraient la censure »
Quand je vote la censure, je me dis : on ne largue pas le corps avant. Il s'agissait de mettre la pression dans le contexte dégradé qui est le nôtre. Soyons clair : il y a le risque que ce qui est donné d'une main soit repris de l'autre. Par exemple sur la retraite, je n'ai pas la naïveté de croire qu'on reviendra sur la reforme Borne avec madame Borne au gouvernement. C'est de l'enfumage tout ça.
- Vous êtes l’un des rares socialistes à avoir voté la motion portée par les Insoumis, les Ecologistes et le Parti communiste. Vous ne craignez pas une sanction du PS ou un désaccord avec Ericka Bareigts au plan local ?
- Quand je vote, je ne vote pas par rapport au positionnement des uns et des autres, j'essaie d’être cohérent avec ce que j'ai porté pendant la campagne. Je me suis présenté en juillet dernier, je ne peux pas me renier aujourd’hui.
Je suis socialiste depuis plus de 25 ans, tous ceux qui me connaissent connaissent mes convictions. Moi, je n'ai pas jamais eu la tentation de regarder ailleurs, je fais mon travail.
On était avec le premier secrétaire du PS Olivier Faure jusqu'à tard hier soir, il savait très bien qu'on était quelques-uns à voter la motion de censure, je n'ai pas connaissance qu'il y aura des sanctions contre ces députés. C'est déjà arrivé par le passé, je ne pense qu’il y a eu des conséquences. Ce qu’il faut, c'est de ne pas sortir de ses convictions.
- Ce positionnement du PS sur la motion de censure n’enterre pas le Nouveau front populaire ?
- Le NFP n'est pas mort, il traverse une période de turbulences, voilà tout. Aujourd'hui, on n'est pas tous pareils, on n'appartient pas tous à la même organisation politique, mais tout le monde est unanime pour dire que si on ne veut pas que demain le RN soit au pouvoir, la seule alternative c'est l'union de la gauche. Je ne fais pas le pari de la mort du NFP.


