Paul Vergès : l'obstination et le ridicule naissent aussi de la mégalomanie


Paul Vergès veut son tram-train, pas celui de son successeur Didier Robert qui devrait emprunter pour l'essentiel le tracé du futur TCSP (Transport collectif en site propre). Il semble ne pas vouloir y renoncer, du moins en apparence. Faire du tram-train, un des enjeux de la politique nationale, n'est-ce pas une obstination inutile et passer de la mégalomanie au ridicule.
Même si Paul Vergès a raison : La Réunion a besoin de transports collectifs alternatifs surtout dans les années à venir. Il est vrai que le tram-train aurait pu être une des solutions. Il est vrai aussi que l'ancien président en avait fait le symbole de ses douze années de mandature. Il est vrai enfin qu'il a eu la naïveté et la faiblesse de croire qu'il aurait toujours un moyen de pression sur le gouvernement et Nicolas Sarkozy, pour obtenir les finances et réaliser son projet. Ce n'est plus le cas depuis le 21 mars.
L'Alliance a perdu la Région Réunion. Paul Vergès a perdu du même coup, son autorité légitime sur plusieurs municipalités de gauche et de droite, sur la présidente du Conseil général Nassimah Dindar, et un grand nombre de ses appuis au gouvernement et à l'Elysée.
Alors comment Paul Vergès, peut-il revenir dans le jeu, surtout des présidentiels ? Son soutien a un candidat, suffira-t-il à instaurer à nouveau, la crainte, le respect et l'estime qu'il avait auprès des membres du gouvernement ? Sa défaite aux Régionales, la difficulté qu'il a d'assumer son échec politique et personnel, et la lenteur à réagir pour rajeunir puis relancer l'Alliance/PCR, montrent que l'ex-président a aussi perdu de son charisme et de son autorité, sur le plan local.
Même une élection probable à un poste de sénateur l'année prochaine, ne pourra redorer un blason bien pâle. La conférence de presse de lundi dernier, montre bien que Paul Vergès a du mal à trouver des arguments crédibles pour se faire entendre, mais surtout pour exister au sein d'un parti politique coupé d'une base et des militants, qui ont fait la splendeur et la force du PCR, de l'Alliance mais surtout de Paul Vergès.
Aussi, Paul Vergès ne doit-il pas d'abord redresser, réformer, rajeunir et requinquer le PCR/Alliance, et retrouver ainsi des forces et du crédit, avant de tenter d'ébranler le gouvernement et Nicolas Sarkozy, et de faire des menaces à peine déguisées ? C'est une question de stratégie bien sûr, mais c'est aussi pour éviter des manœuvres, tristes et à terme pitoyables...


