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Patrimoine non déclaré : 4 mois avec sursis requis contre l'élue Marie-Paule Balaya

Marie-Paule Balaya, ancienne conseillère municipale et vice-présidente du Département, était jugée ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour avoir omis de déclarer une partie de son patrimoine. Une obligation à laquelle veille la Haute autorité pour la transparence de la vie publique qui a alerté le parquet.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 21 août 2020 à 00H34

[Après Olivier Rivière, le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a été ce jeudi l’une des premières juridictions à juger des affaires signalées par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique]urlblank:https://www.zinfos974.com/Prise-illegale-d-interets-6-mois-de-prison-avec-sursis-requis-contre-Olivier-Riviere_a158925.html  (HATPV).

Si Marie-Paule Balaya a déclaré une partie de son patrimoine immobilier hérité de son père, l’élue, malgré plusieurs courriers et injonctions, n’a pas répondu aux sollicitations de la Haute autorité en mars 2019. L’administration fiscale avait ainsi été interpellée pour une sous-évaluation de ses biens immobiliers. Propriétaire d’un garage à Saint-Pierre, de maisons et appartements à la Ravine des Cabris, à la Ligne Paradis, à Terre-Sainte et au Tampon, de terrains agricoles mais aussi actionnaire à 74% des parts d’une SCI…Pour la HATPV, la moitié de son patrimoine - soit 900.000 euros - n’ont pas été déclarés ou du moins sous-évalués. 

Absente aujourd’hui à son procès pour raisons médicales, Marie-Paule Balaya avait expliqué lors de son audition que ses problèmes de santé ne lui avaient justement pas permis de répondre à la HATPV. Autre explication : la comptable de son père s’était occupée de lui remplir ses déclarations. 

Pour l’association Anticor, constituée partie civile, ces justifications ne tiennent pas. Une position que partage la représentante de la société dans la nécessité d’une transparence de la vie publique et un regain de confiance en la vie politique. La procureure a ainsi requis 4 mois de sursis, 10.000 euros d’amende, laissant le tribunal se prononcer sur une peine d’inéligibilité. 

Marie-Paule Balaya "est une femme connue à Saint-Pierre pour son bon coeur mais aussi son engagement et ses combats en faveur des personnes âgées et handicapées", a fait valoir l’un de ses avocats Me Ghislain Chung To Sang qui a demandé la relaxe.

Le bâtonnier Norman Omarjee s’est lui attaché à démontrer les erreurs d’estimations commises par la HATVP et sur "les estimations du service des Domaines basées sur des tendances comme il est tendance de condamner des élus", a-t-il lancé pour la défense. "Tout cela est un peu flou, c’est normal, ces lois ont été faites pour le bon peuple", s’est-il encore emporté en plaidant la réputation de l’élue aujourd’hui entachée dans un contexte "d’insularité". 

Le verdict est attendu pour le 29 octobre. 

 

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