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Patrick Lebreton veut la création d’une intercommunalité Territoire du Grand Sud

À l’occasion des vœux à la presse, Patrick Lebreton est revenu sur ses ambitions futures pour sa commune. Il a surtout profité de l’occasion pour rappeler les limites de la loi NOTRe qui a réduit le pouvoir des communes au profit des intercommunalités. Il souhaite donc faire de ce sujet un enjeu majeur, symbolisé par la création d’une nouvelle collectivité baptisée Territoire du Grand Sud.

Ecrit par 1776023 – le vendredi 28 janvier 2022 à 18H19

C’est dans les hauts de sa commune que Patrick Lebreton avait donné rendez-vous à la presse pour présenter ses vœux. L’occasion pour lui de présenter ses projets de développement pour sa commune. Malheureusement pour lui, de nombreux projets se heurtent à une problématique : certaines compétences sont du ressort des intercommunalités.

« J’ai une pensée pour les 19 maires de l’île qui ne sont pas présidents d’une EPCI (établissement public de coopération intercommunale). Les maires ont besoin de maîtriser le développement de leur commune, de maîtriser la destinée du territoire », souligne l’édile.

Selon Patrick Lebreton, les difficultés ont débuté avec la loi NOTRe, nouvelle organisation territoriale de la République. « C’est un système qui offre des moyens d’action aux intercommunalités sur les domaines de prédilection communaux », explique-t-il.

Le symbole de l’eau

Pour illustrer son propos, Patrick Lebreton a repris ce qui avait été son projet prioritaire en 2001 lorsqu’il a été élu pour la première fois : l’accès à l’eau. En 2001, 4000 habitants de la ville n’avaient toujours pas de robinet à domicile.

En 2010, un bilan montrait que le taux de rendement, la quantité d’eau sortant du robinet, était à 69% sur Saint-Joseph. En 2020, depuis le transfert de compétence, ce taux est redescendu à 50%. Soit le même qu’en 2001.

Le choix de la conférence de presse dans le quartier de la Crête-Jacques Payet était pour présenter ce quartier qui n’avait pas d’eau la nuit. Neuf exploitants agricoles du secteur se sont vu refuser des permis de construire en raison d’une insuffisance d’alimentation en eau. 

« L’autorité compétente n’est pas à la hauteur. Nous payons un manque criant d’anticipation. Avant 2014, nous n’avions pas ce problème avec notre autre prestataire. Il est important de gérer cela au plan local. Nous réapproprier au niveau communal cette compétence », assure-t-il. 

Le président de l’IRT souhaite également que le tourisme redevienne une compétence communale. Il estime en outre que le Conseil départemental, qui possède environ 40% des terres de l’île, puisse avoir des compétences sur ce secteur. « Un tourisme de qualité doit disposer de ses structures », estime l’élu.

Pour le maire de Saint-Joseph, « la nouvelle organisation née de loi NOTRe a montré ses limites ». Il assure que cette question sera au cœur de ses préoccupations pour les échéances électorales à venir.

Une intercommunalité Très Grand Sud

Patrick Lebreton revient aussi sur le cas du sud qui compte deux intercommunalités. Il regrette surtout qu’elles soient chacune au service d’une commune. « Une intercommunalité ne peut pas être une commune qui traîne les autres comme une remorque », illustre-t-il son propos.

C’est pourquoi il prône la création d’une grande intercommunalité qu’il nomme pour le moment Territoire du Grand Sud (TGS). Celle-ci serait structurée autour de Saint-Pierre. Autour de ce centre, un « triangle isocèle » comprenant Saint-Louis, Le Tampon et Saint-Joseph.

Ces 3 villes seraient les pôles secondaires qui auront pour mission de faire « résonner une intercommunalité de proximité ». Elles seront des points relais pour leurs communes limitrophes. « Il serait plus logique que Saint-Joseph travaille avec Petite-Île et Saint-Philippe pour son alimentation en eau plutôt qu’avec Le Tampon et l’Entre-Deux », indique-t-il.

Pour lui, cette intercommunalité (TGS) permettrait également une plus grande cohérence sur des sujets comme l’aéroport de Pierrefonds ou la gestion de l’Université.

Il est toutefois conscient que cette intercommunalité TGS ne doit pas « donner le pouvoir à un grand maire. La grande intercommunalité ne doit pas être celle d’un homme ». Il a également conscience qu’il va se heurter à des oppositions au sein de la CIVIS et de la CASUD. « Certains ont déjà leur poste ou leur fonction et ne veulent pas le perdre », se doute-t-il.

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