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Outre-mer : l'Autorité de la concurrence saisie pour examiner les marges des importateurs-grossistes et des distributeurs

Ecrit par J.D – le mercredi 19 février 2025 à 10H04

Le 29 janvier 2025, les ministres des Outre-mer et de l'Économie ont saisi l'Autorité de la concurrence pour analyser les marges des importateurs-grossistes et des distributeurs en Martinique. Cette démarche s'inscrit dans le cadre du protocole signé le 16 octobre 2024 en Martinique visant à lutter contre la vie chère sur l'île.

Fin janvier, l'Autorité de la concurrence a été officiellement saisie par le ministre des Outre-mer et le ministre de l'Économie. Cette saisine, fondée sur l'article L. 462-1 du code de commerce, porte sur une demande d'avis concernant les marges pratiquées par les importateurs-grossistes et les distributeurs en Martinique. Elle fait suite au protocole de lutte contre la vie chère signé le 16 octobre 2024, qui vise à renforcer la transparence dans la formation des prix des produits alimentaires.

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Pour rappel, le protocole, fruit de sept réunions entre élus, représentants de l'État et acteurs du secteur privé, a été établi après un mois et demi de mobilisations populaires contre la cherté de la vie en Martinique. Il prévoit notamment une réduction moyenne de 20 % des prix de plus de 6.000 produits alimentaires dans les hypermarchés de l'île. Parmi les signataires figurent l'État, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), les principaux distributeurs locaux et les transporteurs maritimes. Cependant, le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéennes (RPPRAC), initiateur des protestations, n'avait pas signé cet accord, estimant les concessions insuffisantes. Le collectif réclamait un alignement total des prix avec ceux de la métropole et prévoit de poursuivre la mobilisation.

Une saisine qui fait suite au bras de fer engagé entre Valls et GBH ?

Une saisine qui fait forcément écho aux échanges particulièrement tendus entre Manuel Valls, ministre des Outre-mer, et GBH (Groupe Bernard Hayot). À travers cette nouvelle procédure, le gouvernement souhaite connaître réellement le niveau de marges des acteurs de la filière en Outre-mer. La situation avait même poussé GBH à déposer ses comptes.

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Dans le cadre de cette saisine, l'Autorité de la concurrence procédera à une analyse approfondie de la formation des prix et des marges tout au long de la chaîne de valeur de la grande distribution alimentaire en Martinique. Cette démarche s'inscrit dans la continuité de ses précédents avis, notamment celui du 8 septembre 2009 relatif aux mécanismes d'importation et de distribution des produits de grande consommation dans les départements d'Outre-mer, et celui du 4 juillet 2019 concernant le fonctionnement de la concurrence en outre-mer.

L'objectif principal est d'identifier d'éventuelles accumulations de marges et de formuler des recommandations pour améliorer la transparence sur la formation des prix des produits de première nécessité en Martinique. Cette initiative intervient dans un contexte où les produits alimentaires coûtent en moyenne 40 % plus cher en Martinique et 37% plus cher à La Réunion qu'en France hexagonale, selon une étude de l'Insee publiée en juillet 2023.

Si la saisine ne concerne que la Martinique, elle aura forcément des conséquences sur les autres départements d'Outre-mer, comme La Réunion. Des départements confrontés à la problématique de vie chère et d'absence de réelle transparence sur les marges ou encore l'octroi de mer appliqués par l'ensemble des acteurs qui constituent la chaîne de valeurs.

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