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Encore plus de transparence et de produits : les attentes de l'OPMR pour le Bouclier Qualité-Prix

Ecrit par Julien Delarue – le vendredi 24 janvier 2025 à 19H42
Jocelyn Cavillot et Bertrand Huby, vice-président et président de l'OPMR

Lors de sa plénière annuelle, l’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR) a insisté sur la nécessité d’améliorer le Bouclier Qualité-Prix (BQP) à La Réunion. L’accent a été mis sur la transparence des coûts et des marges ainsi que sur des recommandations pour renforcer l’efficacité du dispositif.

L’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR) a présenté lors de sa plénière annuelle le deuxième volet de ses travaux relatifs au traitement statistique sur la formation des prix d’un échantillon de 21 produits de grande consommation (PGC). Six enseignes sur sept, représentant plus de 80 % du marché réunionnais, ont participé à cet exercice de transparence. Patrice Latron, préfet de La Réunion, a assisté à la réunion et s’est engagé à être attentif aux préconisations de l’OPMR pour la mise en place du prochain BQP. Les négociations débuteront dans un peu plus d’un mois. "Le BQP représente 3% du chiffre d'affaires des grandes surfaces", rappelle Bertrand Huby, président de l'OPMR.

Des coûts détaillés pour une meilleure transparence

L’OPMR a identifié 14 étapes dans le parcours des produits entre leur commande en métropole et leur vente en grande surface à La Réunion, contre seulement deux étapes en métropole. Entre l’achat en Hexagone et la vente à La Réunion, la valeur des produits augmente de 79 %. Les coûts d’approche et de transport entre l’Hexagone et le Port s’élèvent à 13 % de la valeur d’achat et représentent 7 % du prix de vente final. Le taux moyen d’octroi de mer correspond à 13 % de la valeur CAF et représente 8 % du prix de vente. Enfin, la chaîne locale depuis le Port jusqu’à la grande surface pèse pour 7 % du prix de vente, tandis que la marge brute de la grande distribution atteint 22 %. "Nous sommes sur une série de travaux qui doit aboutir au cours de l'année 2025. Il faut donner une idée sur la décomposition des prix au départ de Paris jusqu'à leurs arrivés dans les grandes surfaces", insiste-t-il.

Ces chiffres permettent d’identifier en première approche les principaux postes de coût dans la formation des prix des PGC importés directement de l’Hexagone. Cependant, l’OPMR précise que ces résultats, obtenus à partir d’un échantillon limité comprenant une majorité de produits du BQP, ne reflètent pas forcément la réalité pour l’ensemble des PGC importés. Un travail complémentaire est nécessaire pour tirer des conclusions générales. "On souhaite continuer le travail pour avoir une approche plus globale. Le sujet est complexe mais on s'y atèle. On souhaite arriver à avoir une vision précise sur toute la chaîne de formation des prix, du début jusqu'à la fin. Savoir quel maillon responsable des coûts ? Comment agir ?", indique Jocelyn Cavillot, vice-président de l’OPMR.

Lire aussi : OPMR : Des propositions pour plus de transparence sur les prix dans la grande distribution

Des recommandations pour le BQP 2025

L’OPMR préconise d’élargir la liste des produits du BQP, qui passerait de 153 à 180 articles, en incluant des produits essentiels comme les moustiquaires et les répulsifs pour lutter contre le chikungunya. Il recommande également l’instauration de sous-paniers alimentaires à prix plafonné pour garantir une meilleure visibilité des prix. Par ailleurs, l’Observatoire insiste sur la nécessité d’étendre le dispositif à toutes les enseignes, y compris celles dont les surfaces commerciales sont inférieures à 950 m². Actuellement, seules les grandes surfaces au-delà de ce seuil sont concernées, ce qui limite l’accessibilité du BQP pour certains consommateurs.

Des ruptures encore trop fréquentes

Malgré les efforts pour stabiliser l’approvisionnement, les ruptures de stock restent fréquentes, affectant particulièrement certains produits du BQP. Jocelyn Cavillot a dénoncé cette situation : « Quand 30 % des produits sont indisponibles, c’est 50 références qui manquent en rayon. Nous demandons un plafonnement des taux de rupture à 15 %, sous peine de sanctions pour les enseignes concernées. » Cette mesure vise à garantir une meilleure accessibilité des produits essentiels aux consommateurs.

En matière de fiscalité, l’Observatoire demande la suppression totale des taxes, incluant l’octroi de mer et la TVA, sur les produits du BQP afin de réduire les coûts pour les consommateurs. Ces mesures permettraient d’alléger significativement la charge financière pesant sur les ménages réunionnais.

Plus de moyens pour travailler

Malgré les progrès, l’OPMR regrette l’absence de moyens adéquats pour remplir pleinement ses missions. « Nous n’avons ni budget, ni personnel dédiés. Nous dépendons des bonnes volontés des membres et de locaux prêtés pour nos réunions. Cela limite notre action », a expliqué Bertrand Huby.

L’OPMR ambitionne également d’approfondir ses travaux pour analyser d’autres maillons de la chaîne de valeur, notamment au niveau local, en ciblant les importateurs-grossistes, la production locale et les services portuaires. L’objectif est de formuler des propositions précises en matière de fiscalité, de continuité territoriale et de régulation économique du secteur.

La proposition de loi contre la vie chère, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, reprend plusieurs des demandes de l’OPMR, notamment en prévoyant des moyens supplémentaires pour l’organisme. Cependant, son parcours parlementaire pourrait durer encore six mois, retardant sa mise en application concrète.

Etiquettes : BQP | Prix | Vie chère

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