Municipales 2026 : Thierry Robert se voit déjà calife à la place du calife

Thierry Robert a présenté les grandes lignes de son programme pour les élections municipales de 2026 à Saint-Leu, détaillant ses priorités en matière d’éducation, de culture et d’économie. Il a également dévoilé son futur premier adjoint, Jean-Luc Carpy, et précisé ses engagements pour le centre-ville et le développement du futur « Leu Business District ».
« Être maire, ce n’est pas un métier pour moi. C’est un sacerdoce. Une vocation. Je suis là pour servir », écrit Thierry Robert en ouverture de son programme pour 2026, mis en ligne récemment. Une entrée en matière à l’image du personnage, connu pour ne jamais faire les choses à moitié.
Le candidat explique avoir choisi la fin de l’année 2025 pour officialiser cette étape. « Si je prends la parole aujourd’hui, c’est pour bien montrer que nous sommes passés d’une intention à une vraie capacité de gouverner. Nous avons un programme, un comité de soutien, une porte-parole, un futur premier adjoint désigné et une équipe prête si les Saint-Leusiens nous portent à la mairie », affirme-t-il.
Sur la méthode, Thierry Robert insiste sur le collectif. « On ne gouverne pas seul. Je serai le garant du cap, de l’équilibre et des arbitrages en cas de besoin. Il n’y a plus de chef à la mairie », assure-t-il, tout en revendiquant « une gestion rigoureuse des deniers publics, au service des plus vulnérables ». Il dit vouloir rester « proche du peuple », estimant que son parcours politique, « avec des réussites comme des échecs », constitue « un outil au service de l’intérêt public ».
La Communauté du projet
Présenté comme futur premier adjoint, Jean-Luc Carpy a également pris la parole. « Je suis fils de petits commerçants de Piton, ancré dans le monde associatif », rappelle-t-il, évoquant son passé de président de club de football entre 1987 et 1991 et sa formation en gestion des collectivités locales. Ancien directeur d’EHPAD et de centre hospitalier dans l'Hexagone, il assure n’avoir pas rejoint l’équipe pour des raisons personnelles. « Je ne suis pas venu parce qu’untel serait le plus beau ou le plus intelligent. Je suis venu parce qu’il y a un programme », insiste-t-il. Pour Thierry Robert, l’exigence est claire : son futur premier adjoint devra être « disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 ».
Pour cette dernière conférence de presse de l'année 2025, le candidat Robert a réuni une bonne partie de ses soutiens. Un directeur d'école primaire, un jeune kiné, un chercheur de l'université péi, un prof de SES, ainsi que quelques visages connus du monde associatif et sportif, bref tout était bon pour tenter de prouver que Thierry Robert peut rassembler. Il le jure, le député-maire des années 2010, connu pour quelques excès, a disparu. Le Thierry Robert des années 2020, star des réseaux et des vidéos polémiques ou des cascades à la Tom Cruise, est lui aussi mort. Le loup s'est fait agneau.
Convaincu d’être prêt, Thierry Robert balaie les critiques. « On disait que je n’étais que sur les réseaux, que nous étions seulement dans la critique. C’est faux », lance-t-il. Selon lui, « notre victoire sera contre l’immobilisme, le gaspillage et la politique du copain-coquin ». Il estime que les Saint-Leusiens « aspirent à un changement » et qu’il faut « un électrochoc, pas un traitement à l’Efferalgan », se disant confiant car « les électeurs choisissent toujours l’original à la copie ».
Les trois tours
Le candidat détaille ensuite plusieurs axes de son programme : priorité à l’éducation et à la culture, soutien au pouvoir d’achat avec la création d'une monnaie locale le "Leu 4sous", et mise en place d’une cantine à un euro mensuel.
Le volet économique repose sur un projet structurant : la création d’un « Leu Business District » implanté « dans un emplacement à définir dans le futur PLU » et « financé par le privé, à part les accès et quelques infrastructures ». Le site, d’une dizaine d’hectares, comprendrait trois tours, rien que ça. « Ca ne sera pas Dubaï non plus. Mais j'avoue que je ne comprends pas pourquoi on ne veut pas construire haut à La Réunion », soupire Thierry Robert. À cela s'ajoute un campus d’enseignement supérieur dont les négociations « sont déjà en cours », un hôtel, « une clinique ou un EHPAD, à voir », ainsi qu’un espace dédié à « l’agriculture de demain ». L’une des tours accueillerait un centre consacré à l’intelligence artificielle, aux côtés des acteurs de l’accompagnement économique, des chambres consulaires aux banques.
C’est dans ce périmètre précis que Thierry Robert promet « pas de nouvelle grande surface » afin de protéger les commerçants du centre-ville et de Piton. Il enterre par ailleurs définitivement le projet de la Maison de la mer. « Plus de Maison de la mer avec moi. On garde l’âme de Saint-Leu et son village de pêcheurs », plaide-t-il, défendant une modernité « en gardant l’essentiel ». Il cite ce dossier pour justifier son attachement aux référendums locaux : « Je refuse d’aller à contre-courant quand toute la population dit non ».
Le retour du maire
Enfin, il annonce une ligne dure en cas de victoire. « Le premier appel d’offres sera pour prendre des avocats. Le second pour mandater un cabinet indépendant afin de mener un audit organisationnel et financier de la ville. On ne va rien laisser passer », prévient-il. D'ailleurs, l'ancien et peut-être futur maire l'écrit noir sur blanc dans son programme : les robes noires devront « rétablir la loi et l'ordre au sein de la collectivité, et engager toutes les actions nécessaires en cas d'irrégularités constatées ».
César est toujours bien vivant, déterminé à reprendre son trône et n'a rien pardonné à Brutus. Vae Victis


