Municipales 2026 : Les Républicains Réunion veulent retrouver leur place

Avec la candidature de René-Paul Victoria à Saint-Denis comme premier signal, la fédération LR Réunion se projette déjà vers les municipales de 2026. Sa secrétaire départementale, Béatrice Sigismeau, entend bâtir une stratégie collective et préparer aussi d’éventuelles législatives anticipées.
La disparition de Michel Fontaine a laissé la fédération orpheline de son leader charismatique, mais aussi face à un chantier organisationnel d’envergure. Béatrice Sigismeau, proche collaboratrice de l’ancien président, assure désormais la transition jusqu’aux municipales. "J’ai la lourde responsabilité de prendre le relais de notre défunt président jusqu’aux municipales de mars 2026, car l’élection pour la présidence locale n’interviendra qu’après", rappelle-t-elle.
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Son rôle est clair : coordonner les délégués de circonscription et les conseillers nationaux pour préparer le terrain électoral et éviter que le parti ne soit pris de court. La responsable départementale n’écarte pas non plus l’éventualité d’élections législatives anticipées, en cas de dissolution de l’Assemblée nationale. "C’est notre rôle de créer cette émulation, d’anticiper et de lancer une réflexion sur les candidats potentiels", insiste-t-elle.
Béatrice Sigismeau souligne que, malgré les difficultés, le lien avec les militants et les élus n’a jamais été rompu : "Nous avons continué à travailler avec nos délégués de circonscription et nos conseillers nationaux. L’important était de garder la proximité avec notre base."
Rééquilibrer l’implantation du parti
Longtemps perçue comme trop centrée sur Saint-Pierre, la fédération locale LR veut désormais mieux couvrir l’ensemble de l’île. "Michel Fontaine avait déjà construit un réseau avec des relais dans toutes les circonscriptions. Nous devons poursuivre et amplifier ce travail", affirme Béatrice Sigismeau. Des rencontres avec élus, militants et responsables locaux sont programmées pour redonner une dynamique collective, avec une animation qui pourrait être davantage partagée pour refléter la diversité des territoires.
Pour renforcer l’ancrage du parti, Béatrice Sigismeau en appelle aux élus actuels et futurs : "Ce sont les élus qui font vivre un parti. Nous devons multiplier les pôles d’implantation, pas seulement à Saint-Pierre, afin d’être plus proches de la population."
Elle lance également un message à "toutes les familles de droite", qu’elle invite à se rassembler pour "redresser un paysage politique morose" et "refaire vivre la droiture de la droite LR".
Une préparation active des municipales
Le premier signal de ce renouveau est l’annonce de la candidature de René-Paul Victoria à Saint-Denis. Pour Béatrice Sigismeau, il s’agit d’un exemple du travail de fond mené actuellement : "Nous devons identifier les profils capables de porter nos couleurs dans chaque commune, ne pas être pris au dépourvu. À Saint-Denis, cela se dessine avec René-Paul Victoria."
Mais cette candidature annoncée de René-Paul Victoria, toujours en attente du retour du national pour l'investiture LR, a été fortement critiquée par une partie des adhérents LR dionysiens, assurant que l'ancien député-maire du chef-lieu aurait été désigné sans consultation de la base.
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Au-delà de la reconstruction interne, Béatrice Sigismeau mise sur un autre levier : la mobilisation des jeunes. Lors du lancement de campagne de René-Paul Victoria, samedi dernier, elle dit avoir été marquée par leur implication. "La jeunesse était présente et motivée. Nous voulons travailler en intergénérationnalité, partager l’expérience pour leur donner envie de prendre des responsabilités."
Elle associe cet engagement au contexte social et économique difficile de l’île : "Vie chère, emploi, environnement, développement économique… Ces problématiques, je les connais à travers mon parcours d’élue. Nous devons apporter des réponses concrètes pour redonner confiance à la jeunesse."
Une droite qui veut rester debout
L’effort de redressement local s’inscrit dans un cadre plus large. En mai 2025, Bruno Retailleau , soutenu par la quasi totalité de la fédération locale des Républicains, a pris la présidence nationale des LR avec l’ambition de redonner un souffle au parti et de préparer les grands rendez-vous électoraux : municipales de 2026 et présidentielle de 2027. Sa campagne d’adhésions, lancée sous le slogan "La France des honnêtes gens", vise à élargir la base militante et à réaffirmer l’identité du mouvement.
À La Réunion, plusieurs figures sont évoquées pour peser dans cette recomposition : Viviane Malet, David Lorion, René-Paul Victoria ou encore Cyrille Melchior. La fédération devra trouver l’équilibre entre fidélité à l’héritage de Michel Fontaine et ouverture à de nouvelles personnalités pour éviter les divisions internes. Malgré les incertitudes, Béatrice Sigismeau affiche sa détermination. "LR est toujours là, LR est dynamique et va le rester", insiste-t-elle.
Pour elle, la fédération a les moyens de redevenir une force politique majeure, à condition de rester unie et de garder le cap. "Nous devons être des résistants et ne jamais baisser les bras", conclut-elle, déterminée à transformer cette période de transition en véritable relance pour la droite réunionnaise.
Avec près de 600 adhérents, LR Réunion espère retrouver toute sa place dans le paysage politique local et redevenir une force incontournable des prochaines échéances électorales.


