Mort de Dimitri Saugrin : Son assassin présumé promet de "tout balancer"

Le 6 mai 2019, en milieu de matinée, Dimitri Saugrin était abattu devant le domicile de ses parents au coeur de la Cité Cotur, au Port. Florent Pomeng, dit « Le Parisien », venait de tirer deux coups de pistolet sur le trentenaire qu’il connaissait bien. Dettes impayées dans le cadre d’un trafic de drogue ou dettes de jeu, les raisons qui l’ont poussé à surgir d’une voiture et abattre le Portois étaient incertaines lors de sa mise en examen pour assassinat, le lendemain du drame.
À l’époque, il avait déclaré assumer pleinement son geste, un geste de défense pour protéger son cousin, John Fruteau de Laclos, qui aurait été menacé par Dimitri Saugrin avec un couteau. Tout juste sorti de prison, ce dernier aurait voulu reprendre sa place dans un trafic lucratif de stupéfiants dont Fruteau était vraisemblablement à la tête. Mais face à son refus, Saugrin aurait menacé de tout balancer.
Le jour des faits, Florent Pomeng a assuré avoir agi en légitime défense après que son adversaire l’a menacé avec un couteau qu’il portait dans sa sacoche. Ce que ses acolytes présents sur les lieux n’avaient pas confirmé dans un premier temps. Mais au fil de l’instruction, comme si elles s’étaient accordées, les versions ont évolué sur cet élément déterminant de l'affaire.
Jugés en juin dernier devant la cour d'assises, les deux cousins encouraient la perpétuité. Mais seul Florent Pomeng a été condamné pour le crime sans préméditation à 30 ans de réclusion criminelle. Ce mardi, le "Parisien" faisait une demande de remise en liberté devant la chambre de l'instruction sans avoir préparé d'arguments au soutien de sa requête. Pour autant, le détenu a annoncé la couleur pour son procès en appel qui se déroulera l'an prochain et au cours duquel il se trouvera de nouveau au côté de son cousin dans le box des accusés : "Ils sont tous dehors et moi je suis dedans. Mais ça va pas se passer comme ça, je vais tout balancer. Moi j'étais pas dans ce trafic de stupéfiants", a déclaré l'accusé.
Quelques minutes plus tôt, l'avocate générale qui avait requis la poursuite de la détention avait souligné le fait qu'aucun des protagonistes de l'affaire n'avait voulu reconnaitre que la mort de Dimitri Saugrin était bien liée à un trafic. Les langues pourraient donc se délier en appel.


