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Monica Govindin : "Je ne suis plus la marionnette du PCR"

Dans cinq mois, Monica Govindin remettra en jeu son mandat de conseillère générale du canton du Port 2 largement acquis à plus de 70% il y a 6 ans. Marquée par l'épisode des régionales mais confiante pour la prochaine campagne, la plus jeune élue du Palais de la Source revient pour nous sur sept ans de mandat commencés sous l'étiquette PCR pour se finir sous celle de…sans étiquette. A vrai dire, son soutien au candidat Robert lors des régionales lui vaut désormais l'image d'une transfuge d'un parti à un autre. Et c'est bien pour préparer ces cantonales qu'elle a tenu à préciser, pour nous, son positionnement futur, sans oublier d'égratigner les méthodes du Parti communiste réunionnais. Entretien avec Monica Govindin.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 27 octobre 2010 à 07H11

Z'infos974 : Les mois qui ont suivi votre prise de position lors des régionales ont dû être éprouvants?
"On m'a menacée déjà pendant la campagne électorale. On me disait qu'il fallait fermer ma bouche. Ma mère qui travaille à la mairie du Port est aussi mal perçue par certains employés communaux depuis cet épisode".

Pourquoi finalement avoir pris position aussi radicalement? Passer du statut d'élue du PCR en 2003 pour en arriver à soutenir un candidat de droite pour la Région ?
"Il y a des choses qui se déroulent en coulisses du côté du Conseil général qui me déplaisent fortement. Je prends l'exemple d'une association de Saint-Leu qui obtient une grosse subvention au moment de sa création et en obtient une autre deux mois plus tard…"

Vous avez l'image d'une traître depuis la dernière campagne. Pensez-vous qu'elle est justifiée ?
"On devient traître lorsque l'on manque à ses convictions. Ce n'est pas mon cas. D'ailleurs, d'autres personnalités politiques ont changé de camp lors des régionales, on en parle moins que pour moi. Mais aujourd'hui, je rigole quand certains dirigeants du PCR disent que je ne suis pas à la hauteur de la mission qu'ils m'avaient confiée. C'est vraiment bête de parler comme cela".

Ou alors êtes-vous simplement une opportuniste qui a senti le vent du changement arriver avec Didier Robert ?
"Ni traître, ni opportuniste. La réponse est venue de la population. Les gens ont manifesté leur mécontentement. Ils ont voté en ce sens. Didier Robert incarnait ce changement".

Les dirigeants du PCR peuvent alors vous reprocher de n'avoir pas été loyale envers eux?

"On doit rester loyal envers ses convictions. J'ai toujours mis l'humain et le citoyen au centre de mes préoccupations".

Avez-vous dans ce cas votre carte UMP maintenant ?
"A aucun moment Didier Robert ne m'a demandé de m'inscrire à son parti. Il a très bien compris qui j'étais. Pour moi, c'est un homme de valeur. A l'inverse, en 2004, après une année passée au Conseil général, les responsables du PCR m'avaient fait comprendre qu'il était temps de prendre ma carte au PCR. C'est une autre méthode".

Il y a dans votre propos beaucoup d'éloges du nouveau président de Région…
"Je me reconnais en lui. J'ai participé à quelques meetings d'entre-deux tours de sa liste. A tous ceux qui le critiquent, je leur dis : rencontrez-le. Il faut au moins le connaître. Il parle à cœur ouvert. C'est comme cela que je vois la politique. Pour moi, c'est aussi la jeunesse qui a gagné".

 

Vos rapports avec la direction du PCR avaient-ils commencés à tanguer bien avant les régionales ?
"Ce qui a fait déborder le vase s'est déroulé en décembre 2009. J'avais alors été convoquée par la direction du PCR. On m'y demande "comment se passe ma formation pour devenir personnel naviguant commercial". Puis, dans la conversation, on me dit : "si tu veux devenir hôtesse de l'air, il faudra envisager ta démission de conseillère générale sans attendre le renouvellement de 2011".

Si cet événement a fait déborder le vase comme vous dites, quels événements l'ont précédé ?
"J'ai compris bien trop tard, après mon premier et court mandat de 2003 à 2004 que je faisais figure de bouche trou. Je n'étais programmée par les cadres du Parti communiste que comme la candidate remplaçante de Pierre Vergès. Alors, mon envie de continuer avait été mal perçu, surtout que j'étais de plus en plus appréciée de la population. Ils ont voulu faire de moi une marionnette. Dans la même période, on m'a également signifié que postuler au CTR (ndlr : le défunt Comité du tourisme de la Réunion présidé par Jocelyne Lauret) ferait mal voir le PCR. J'ai réellement réfléchi à tout çà en me disant que le seul cap que je devais tenir était celui de mon engagement pour mon canton du Port".

Ces mauvaises relations avec les dirigeants du PCR remontent donc bien avant les régionales. Au tout début de votre naissance politique et médiatique, vous avez pourtant été portée par le PCR dans les années 2000 ?
"En 2003, ils étaient venus me solliciter. Tout s'était passé très vite. J'ai été convoquée un soir à la mairie du Port. Ils m'avaient donné une nuit pour réfléchir à ma candidature aux cantonales de 2003 (ndlr : cantonale partielle provoquée par la condamnation de Pierre Vergès devenu inéligible)".

Ces rapports délicats avec le PCR vous ont-ils alors poussée à envisager une reconversion ? Vous évoquiez votre envie de devenir personnel naviguant commercial (PNC) sur une compagnie aérienne ?

"Tout à fait. C'était mon rêve de petite fille de devenir hôtesse de l'air".

Pourquoi n'avez-vous pas, dans ce cas, envisagé sérieusement de le devenir ?

"On m'a fermé la porte d'Air Austral alors que j'avais obtenu ma formation de PNC".

 

Parlons de vos années passées au Conseil général depuis près de 7 ans. Comment les jugez-vous?
"Je me suis toujours dit qu'il fallait que je fasse mes preuves alors je me suis investie énormément pour la population du Port. Pourtant, quand je voulais recevoir des citoyens dans ma permanence, on me l'a déconseillé (ndlr : en parlant des cadres du PCR). On m'a même reproché de faire de l'ombre au maire".

Où en êtes-vous dans la préparation de la campagne des cantonales ?
"J'y travaille. Les choses se précisent petit à petit".

Qui sera votre suppléant ?
"Je ne peux pas le dévoiler maintenant".

Votre situation est délicate. Contre quel candidat du PCR pensez-vous lutter sur le canton 2 du Port en mars prochain ?

"Pour moi, çà ne fait pas de doute, Paul Vergès sera le candidat du PCR car Pierre Vergès ne passe plus auprès de la population. Je connais la stratégie qui se trame actuellement dans les coulisses du Département. Ils tentent de préparer la place de Paul Vergès à la présidence du Département. Pour moi, ces stratégies sont un non respect vis-à-vis de la population".

Sous quelle étiquette vous présenterez vous dans ces conditions ?
"Sans étiquette".

Pensez-vous avoir une chance face au président de Région sortant, si sa candidature, comme vous le prétendez, vient à être confirmée ?

"J'ai mes chances, même face à Paul Vergès. Au contraire, je suis honorée qu'ils mettent un tel personnage politique face à moi, la petite conseillère générale".

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Rappel des résultats du 1er tour de la cantonale partielle du 21 mars 2004 (Le Port canton 2) :
Monica Govindin (Com) 71,13%
Johnny Deliron (DVD) 17,26%
Vincent Defaud (DVG) 7,04%
Philippe Azéma (EXG) 4,58%

 

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