Manifestations à Manapany : Du sursis requis à l'encontre de trois gilets jaunes des Zazalés

Quatre gilets jaunes du QG des Zazalés sont passés devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce mardi matin pour leurs agissements lors de manifestations organisées fin septembre à Manapany.
Les propos d’ "escrocs" ou encore "macros" sont reprochés à Félix, Ludovic et Xavier comme outrage à l’encontre des gendarmes. Xavier a également montré ses fesses alors qu’il se trouvait au niveau du bassin de baignade et que les gendarmes "n’arrêtaient pas de le prendre en photo", a assuré le Gilet jaune. Ils sont poursuivis, de même qu’Ibrahim, de dégradations sur une voiture des forces de l’ordre et sur la clôture fermant l’accès aux jardins.
Les images tournées sous différents angles et diffusées sur les réseaux sociaux ont difficilement permis de faire la lumière sur les responsabilités de chacun ce mardi au procès. Les prévenus ont nié la plupart des faits reprochés. Quant à l’auteur du "crachat" dont aurait été victime le maire de St-Joseph, là encore la responsabilité de Xavier a été contestée.
Pour le conseil de Patrick Lebreton et le représentant également de la commune, toute cette affaire autour de la privatisation des jardins de Manapany relève de l’ordre du "fantasme, du complotisme permanent, pour un combat qui n’a pas lieu d’être". Le bâtonnier Thierry Gangate a donc demandé 1000 euros de dommages et intérêts au bénéfice de Patrick Lebreton et 375 euros pour la dégradation de la clôture.
Procédure judiciaire "abusive"
"Le tribunal n’est pas une tribune politique", a commencé par rappeler la procureur, Caroline Clabo. La représentante de la société a poursuivi en décrivant "un groupe qui décide de privatiser au non de leur conception politique et cela n’a rien de pacifique", a-t-elle tancé. Du sursis a été requis pour trois d'entre-eux. Pour Xavier, une peine de six mois de sursis, l'interdiction de se présenter à Manapany pendant 2 ans, la réalisation d'un stage de citoyenneté et deux amendes de 200 euros ont été demandées. Pour Ludovic et Félix, 3 mois de sursis, ainsi q'un stage et deux amendes de 200 euros. Enfin, pour Ibrahim, un stage et deux amendes de 200 euros ont été requis.
Ce dernier a particulièrement remis en cause les conditions de sa garde à vue mais surtout par l’intermédiaire de ses avocats, Me Severine Ferrante et Jean-Jacques Morel, la procédure judiciaire "abusive" qui a suivi. Leur client étant déjà en conflit avec la municipalité de St-joseph devant le tribunal administratif, ont-ils précisé.
Me Guillaume Albon, conseil de Ludovic et Félix, s’en est également étonné alors qu’aucun des prévenu ne possède de casier judiciaire. Quant au non port du masque et au rassemblement interdit, ces deux infractions méritent d’être clarifiées alors que les autres manifestants présents ces dimanches-là n’ont pas été sanctionnés.
Si le parquet a choisi de se référer à Martin Luther King pour sa résistance non-violente, Me Nathalie Pothin, conseil de Xavier, a choisi Daniel Waro et l’affaire Adekalom. "Des jeunes partis marron pou aranz un domin pou marmay La Rényon". L’affaire présentée devant le tribunal correctionnel "est politique" a-t-elle insisté. Tous ont demandé la relaxe.
Le jugement sera rendu le 17 novembre prochain.


