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Malgré trois avertissements, il violente sa compagne enceinte et finit en prison

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 12 juillet 2025 à 06H30

Un jeune majeur avait à répondre de faits de violences sur conjoint ce mercredi 9 juillet dans le cadre de la comparution immédiate. Malgré plusieurs avertissements de la justice, le jeune homme a persisté dans son comportement violent à l'égard de sa compagne, enceinte au moment des faits.

D'aucuns diront que la justice est laxiste avec certains et sévère avec d'autres. Il convient de comprendre le principe de notre système judiciaire qui s'appuie sur l'individualisation de la peine. Cela signifie qu'il prend en compte le passé judiciaire des mis en cause, mais également leurs personnalités. De ce fait, une personne sans casier judiciaire aura, pour des faits identiques, une peine moins importante que celui qui a un casier portant un certain nombre de mentions.

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C'est le cas de Kevin S., 21 ans, qui n'a pas de mention à son casier. Avant d'atterrir devant le tribunal correctionnel, la justice lui a donné plusieurs avertissements. Le premier concerne des violences sur sa compagne dans la nuit du 23 au 24 décembre 2024. La police intervient chez un couple pour une dispute sur fond de jalousie. La victime porte des traces d'ecchymoses, 17 au total, et se plaint d'avoir été tirée par les cheveux. Son conjoint reconnait l'avoir poussée, mais nie l'avoir frappée. Il est placé en garde à vue et en ressort avec une convocation pour le 10 juillet 2025.

Il est contrôlé à un taux de 1,34 g/l d'alcool dans le sang

Le deuxième épisode intervient le 20 mars 2025. La police intervient pour des violences sur la voie publique. Un couple en voiture s'est disputé. La jeune femme a été poussée et tenue violemment par les bras. Il s'agit encore de Kevin S. Pour ne rien arranger, il est contrôlé à un taux de 1,34 g/l d'alcool dans le sang. Il est une nouvelle fois convoqué le 10 juillet pour répondre de ses actes. Rebelote le 21 mai dernier, la police intervient pour des violences au domicile d'un couple. Toujours Kevin S. et encore contrôlé positif à 1,6 g/l d'alcool dans le sang. La victime se plaint de coups de poing.

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Le dernier épisode a lieu le 6 juillet dernier sur la voie publique. La police intervient pour une dispute. Toujours et encore Kevin S. qui a cette fois poussé sa conjointe enceinte qui s'est cognée le ventre. Les agents constatent qu'elle a les lèvres gonflées et elle se plaint de douleurs au ventre. Elle dit avoir pris des coups de poing et s'en sort avec 5 jours d'ITT. Lui est encore positif avec un taux de 1,24 g/l d'alcool dans le sang. Une fois de plus, il ne reconnaît que l'avoir poussée. Il finit en garde à vue, mais cette fois, devant le tribunal pour répondre de l'ensemble des faits. Au total, il doit répondre de quatre scènes de violence et de violences régulières de juillet 2022 à décembre 2024.

"Si je l'étrangle, c'est pour pouvoir partir"

À la barre, le prévenu reste sur sa ligne de défense : "Quand je veux partir, elle me retient. Si je l'étrangle, c'est pour pouvoir partir. C'est une femme mauvaise et nerveuse", explique-t-il au tribunal. Concernant les coups, là encore, ce n'est pas lui : "Je l'ai juste poussée. Ce n'est pas moi. Ce n'est pas moi, c'est peut-être elle-même qui se fait ça", lance-t-il en guise de défense. Et de conclure : "On a toujours des disputes et comme d'habitude, c'est elle qui commence. Elle en rajoute toujours". Interloquée, la présidente lui répond : "C'est toujours elle qui est agressive, mais c'est toujours vous qui la violentez".

"C'est toujours la faute de madame. Il n'y a aucune remise en question et il minimise les faits. Pour autant, les marques sont sur la victime", fustige la partie civile qui demande une protection de cette dernière. Le parquet dénote "un couple toxique", et estime que "le prévenu ne respecte ni la volonté de madame de ne plus le voir, ni l'autorité judiciaire malgré trois gardes à vue et les nombreux avertissements". Il requiert une peine de 2 ans de prison dont 1 an de sursis avec maintien en détention. "Les certificats médicaux attestent des coups reçus malgré ses déclarations à la barre", conclut la procureure.

"Les faits sont inacceptables, ils ne doivent plus se voir"

Rappelant que le couple a deux enfants, la défense se désole de constater que "les deux seules victimes, ce sont les enfants qui sont placés. Ils n'ont pas choisi leurs parents". La robe noire rappelle qu'"il n'a pas de casier judiciaire" et souligne que "le comportement de la victime interroge quelque peu aussi, car elle ne veut pas le laisser partir". Elle ajoute que le prévenu a aussi déposé plainte plusieurs fois, mais que cela est resté sans suite. "Les faits sont inacceptables, ils ne doivent plus se voir. Il a reçu trois convocations avant de finir devant vous c'est qu'il n'y avait pas d'urgence", conclut la robe noire qui plaide un sursis probatoire.

Le tribunal condamne Kevin à 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Malgré son absence de casier judiciaire, il est maintenu en détention.

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Le récapitulatif des ressources ici : https://arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide


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