Madagascar : avant de juger Rajoelina, la justice doit savoir qui peut le faire

Trois affaires de corruption concernant l’ancien pouvoir malgache sont mises en pause. Le Pôle anti-corruption attend que la Haute Cour constitutionnelle précise s’il peut juger l’ex-président, son ancien Premier ministre et d’anciens membres du gouvernement.
Avant d’examiner les accusations, la justice malgache doit déterminer quel tribunal est compétent pour le faire. Le Pôle anti-corruption de Madagascar a suspendu trois dossiers visant notamment Andry Rajoelina et son ancien Premier ministre Christian Ntsay, le temps d’obtenir un avis de la Haute Cour constitutionnelle sur sa compétence, rapporte RFI.
Les affaires portent sur la disparition de 36 kilos d’or conservés dans un coffre du ministère des Mines, des soupçons de corruption dans les marchés de tables-bancs scolaires et la gestion du Fonds souverain malgache.
Une procédure spéciale qui bloque des dossiers
La Constitution prévoit que les anciens responsables de l’exécutif relèvent d’une juridiction particulière, la Haute Cour de justice. Pour que celle-ci puisse les juger, une mise en accusation par les députés est toutefois nécessaire.
Cette étape parlementaire constitue un obstacle dans plusieurs procédures. Selon l’organe national de lutte contre la corruption, quinze dossiers sont restés bloqués à l’Assemblée pendant près de cinq ans.
Une décision de mars à préciser
La Haute Cour constitutionnelle avait néanmoins établi, en mars 2026, qu’un fait de corruption ne constituait pas un acte lié à l’exercice des fonctions ministérielles. Cette interprétation permet de poursuivre un ancien ministre devant le Pôle anti-corruption.
Reste à déterminer si elle peut également s’appliquer à un ancien président. C’est cette clarification qu’attend désormais le tribunal spécialisé pour poursuivre l’examen des dossiers.
Andry Rajoelina et Christian Ntsay ont quitté Madagascar lors de la chute du régime, un an auparavant.


