"Dangereusement insuffisantes" : c'est officiel, les politiques climatiques ne permettent pas d’éviter le pire

Même si les pays respectent leurs engagements climatiques, le monde pourrait se réchauffer de 2,6 °C d’ici à la fin du siècle, selon un nouveau rapport des Nations unies publié ce mercredi 21 octobre. Si les politiques actuelles se poursuivent, la hausse pourrait atteindre 2,8 °C. Le Programme des Nations unies pour l’environnement dénonce des efforts largement "insuffisants" face à l’urgence climatique.
Le constat est une nouvelle fois alarmant. Dans son rapport annuel sur les émissions de gaz à effet de serre, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime que la trajectoire actuelle mène le monde vers un réchauffement de 2,8 °C d’ici à 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. "Même si les États appliquaient intégralement leurs engagements climatiques, la hausse atteindrait encore 2,6 °C", indique le rapport.
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Ces projections dépassent largement les objectifs de l’accord de Paris de 2015, qui vise à contenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C, tout en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C. Selon le PNUE, "il n’est désormais plus possible d’éviter un dépassement temporaire de ce dernier seuil".
En cause, des politiques climatiques qui ne permettent pas de réduire suffisamment vite les émissions responsables du réchauffement. "Pour espérer limiter la hausse des températures à 1,7 ou 1,8 °C autour de 2050, avant de revenir à 1,5 °C d’ici à la fin du siècle, les émissions mondiales devraient diminuer de 18 % d’ici à 2030, de 45 % d’ici à 2035 et de 69 % d’ici à 2040, par rapport à leur niveau de 2025".
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Or, les engagements actuels des États sont loin du compte. Même appliqués dans leur intégralité, le rapport précise "qu'ils ne permettraient de réduire les émissions que de 5 à 8 % d’ici à 2030 et de 11 à 15 % d’ici à 2035".
Un objectif climatique de plus en plus difficile à atteindre ?
"Les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont restées à un niveau record en 2025, autour de 58,4 milliards de tonnes équivalent CO₂, complète le document. Les émissions liées à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz ont continué à progresser." Le rapport souligne également que les nouvelles contributions climatiques des pays n’ont quasiment pas amélioré les perspectives de réchauffement.
Les prévisions sont plus pessimistes que celles publiées l’an dernier, notamment en raison du retrait des États-Unis de l’accord de Paris et de la révision des estimations historiques d’émissions. Le rapport relève toutefois "des progrès" dans le développement des énergies renouvelables, en particulier du solaire, dont le déploiement a dépassé les attentes formulées lors de l’adoption de l’accord de Paris.
Pour le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, "les gouvernements doivent accélérer leurs efforts". Les politiques et les plans climatiques nationaux restent, selon lui, "dangereusement insuffisants".
Le dépassement du seuil de 1,5 °C ne signifie toutefois pas que toute action est inutile. Le PNUE estime qu’il reste possible de "limiter l’ampleur et la durée de ce dépassement, à condition de réduire rapidement les émissions et de retirer de grandes quantités de CO₂ de l’atmosphère". Cette dernière perspective repose notamment sur des solutions de captage du carbone dont la faisabilité à grande échelle demeure incertaine.
Allons-nous droit dans le mur ?
Publié à quelques semaines de la COP31, prévue en novembre en Turquie, le rapport remet la pression sur les gouvernements. Pour les pays les plus vulnérables, notamment les petits États insulaires, chaque fraction de degré supplémentaire compte.
Des vagues de chaleur meurtrières aux inondations dévastatrices, en passant par la multiplication des incendies et l'effondrement des écosystèmes, les impacts du réchauffement s'intensifient à mesure que le thermomètre grimpe.


