Comores : un homme condamné à mort pour le meurtre d'une jeune femme, une peine qui n'a plus été appliquée depuis 1997

La cour d'assises de Moroni a condamné à mort un homme reconnu coupable d'avoir tué une jeune Comorienne en mai dernier. Ce verdict relance le débat sur la peine capitale dans l'archipel, où aucune exécution n'a eu lieu depuis près de trente ans, bien que cette sanction reste inscrite dans la législation.
Une condamnation à mort a été prononcée aux Comores dans une affaire criminelle qui a profondément marqué l'opinion publique. La cour d'assises de Moroni a reconnu Fahami Moustoifa coupable de l'assassinat de Naicha Mmadi Abdou, une jeune femme de 22 ans, tuée en mai 2026.
Le verdict, rendu dans la nuit du 14 au 15 octobre, intervient après un procès au cours duquel les circonstances particulièrement violentes du crime ont été examinées. Le principal accusé a notamment été reconnu coupable d'assassinat, de torture et d'actes de barbarie, ainsi que de recel et de profanation de cadavre.
Deux autres hommes comparaissaient dans cette affaire. Athoumane Abdouroihamane a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, tandis qu'Elamine Moumine, poursuivi pour complicité passive, a été acquitté.
Le parquet, qui avait requis la peine capitale contre les deux premiers accusés et la réclusion criminelle à perpétuité contre le troisième, a décidé de contester les décisions concernant les deux coaccusés.
Le meurtre de Naicha Mmadi Abdou a eu lieu dans la localité de Dzahadjou, au sud de la Grande Comore. La jeune femme s'était rendue chez Fahami Moustoifa, un collègue de l'hôpital de Foumbouni, pour récupérer un ordinateur portable qu'elle lui avait demandé d'acheter. Selon les éléments présentés lors du procès, l'accusé avait utilisé l'argent confié par la victime sans jamais acheter l'appareil. Il aurait alors organisé sa venue dans le but de la tuer. À la barre, Fahami Moustoifa a reconnu l'avoir poignardée au niveau des côtes avant de l'étouffer avec son châle. Avec l'aide d'un complice, il a ensuite transporté le corps dans un champ isolé et tenté de le faire disparaître en l'incendiant. La dépouille calcinée de la jeune femme a été retrouvée le 22 mai, après plusieurs jours de recherches.
Aucune exécution depuis près de trente ans
La peine de mort reste prévue par le Code pénal comorien, mais aucune exécution n'a été réalisée dans le pays depuis 1997.
Le 29 mai 1997, Saidali Mohamed, condamné à mort pour vol à main armée en décembre 1996, avait été exécuté. Il n'avait pas pu exercer de voie de recours contre sa condamnation.
C'est la dernière exécution connue dans l'archipel. Depuis, des condamnations à mort ont continué d'être prononcées, mais aucune n'a été exécutée. L'archipel applique ainsi un moratoire de fait sur les exécutions capitales. Les juridictions peuvent toujours prononcer cette peine, sans que les condamnations soient nécessairement suivies d'une exécution.


