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Madagascar : Andry Rajoelina dénonce une tentative de coup d’État derrière la contestation

Ecrit par N.P. – le vendredi 3 octobre 2025 à 17H53

Le président malgache accuse des acteurs extérieurs et des politiciens d’avoir instrumentalisé la colère populaire. La capitale reste sous haute surveillance alors que la mobilisation se poursuit.

Le chef de l’État malgache, Andry Rajoelina, a pris la parole vendredi 3 octobre dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux, au neuvième jour d’une contestation qui secoue Madagascar. Selon lui, le mouvement initié par la jeunesse pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité cacherait une manœuvre plus vaste : « Des pays et agences ont payé ce mouvement pour m’évincer, pas par les urnes mais par profit », a-t-il affirmé, dénonçant une tentative de coup d’État sans toutefois citer de responsables précis. Il a également accusé certains politiciens d’avoir « abusé » de la mobilisation pour chercher à renverser le pouvoir.

Alors que le président dit se tenir « prêt à dialoguer » et appelle les forces de l’ordre à « ramener la paix », il n’a pas annoncé la nomination d’un nouveau Premier ministre, pourtant attendue depuis le limogeage du gouvernement lundi dernier. Un geste qui visait à calmer la rue, mais qui n’a pas suffi à désamorcer la colère.

Dans la capitale, le centre d’Antananarivo est resté placé sous surveillance renforcée. Les pick-up des forces de sécurité sillonnaient la ville vendredi matin, alors qu’un nouvel appel à manifester a été lancé par plusieurs composantes de la contestation, dont le collectif de jeunes « Gen Z ». Sur l’avenue de l’Indépendance, les commerces ont pour beaucoup gardé rideau baissé. La circulation était ralentie, même si les écoles et certains marchés ont poursuivi leurs activités.

La mobilisation ne se limite pas à la capitale. La veille, des milliers de personnes ont défilé à Antsiranana, au nord, et d’autres rassemblements ont eu lieu à Mahajanga, Toliara ou encore Sambava, au cœur de la région productrice de vanille. Dans un message publié sur Facebook, le président Rajoelina a dit avoir consulté les autorités religieuses et rencontré des diplomates ainsi que des représentants du FMI et de l’ONU.

Une nouvelle journée de mobilisation prévue samedi

La contestation a déjà entraîné de violents débordements. L’ONU a dénombré au moins 22 morts et plusieurs centaines de blessés lors d’affrontements et de pillages, un bilan contesté par les autorités malgaches. Plusieurs syndicats, notamment celui de la société nationale d’eau et d’électricité, appellent désormais à la grève générale. L’opposition, pour sa part, s’est unie dans une rare déclaration commune pour demander la démission du président.

Arrivé une première fois au pouvoir en 2009 à la faveur d’un soulèvement soutenu par les militaires, Andry Rajoelina s’était imposé comme homme fort de la transition avant son retour par les urnes en 2018, puis sa réélection en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Plus de dix ans après sa première ascension, il affronte aujourd’hui un mouvement qui cristallise à la fois la lassitude face à la pauvreté endémique – qui touche près des trois quarts de la population – et le rejet d’un système jugé verrouillé.

Lire aussi : Rassemblement de soutien à la Gen Z de Madagascar samedi 4 octobre à Saint-Denis

Etiquettes : Andry Rajoelina | Madagascar

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