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L'homme aux multiples casquettes condamné pour abus de faiblesse sur une octogénaire

Ecrit par P.B. – le dimanche 28 septembre 2025 à 06H36
Photo d'illustration

Des virements, des chèques, deux appartements et une maison en viager : le préjudice s’élève à environ 500.000 euros pour la victime, Lucienne, âgée aujourd'hui de 96 ans, qui a tenu à être présente ce mardi à l’audience.

Jean-Max a été présenté à Lucienne il y a dix ans comme conseiller juridique, apporteur d’affaires, directeur, instructeur de tir pour les forces de l’ordre… L’homme aux multiples casquettes parvient rapidement à gagner la confiance de l’octogénaire, disposant d’un capital confortable et sans enfants. Il l’aide notamment à recouvrer diverses dettes et l’accompagne à des rendez-vous médicaux.

Chèques destinés à payer les études de ses enfants, virements, acquisitions de deux appartements d'un montant de 280.000 euros, désignation comme légataire universel du testament de Lucienne, rachat de sa maison en viager… Le préjudice financier, évalué par la partie civile, avoisine le demi-million d’euros.

Une victime “affaiblie et perturbée”

Pour Me Brigitte Hoarau, en soutien des intérêts de Lucienne, Jean-Max a “manœuvré durant plusieurs années dans le but de mettre en place sa stratégie d’appauvrissement”. Aujourd’hui, Lucienne apparaît affaiblie et perturbée, ne quittant pas du regard celui en qui elle avait toute confiance. Elle a tout perdu, y compris sa maison à Saint-Joseph. Il ne lui reste plus que 2.000 euros par mois et elle vit désormais dans une pension insalubre, confie sa nièce qui l'accompagne pour ce procès.

Pour le parquet, l’abus de faiblesse est constitué par l’âge avancé de la victime, le climat de confiance créé et le testament instituant le prévenu comme légataire universel. Le ministère public requiert 12 mois de prison, dont 6 avec sursis, ainsi qu’une interdiction de contact, de paraître au domicile de la victime et l’obligation de réparer les dommages.

La défense conteste la vulnérabilité

L’avocat de Jean-Max, Me Vincent Hoarau, dénonce “une enquête minimaliste mêlée à un dossier civil”. Selon lui, la vulnérabilité de Lucienne n’a pas été démontrée au moment des faits : “85 ans, c’est un âge, mais toutes les personnes de 85 ans sont-elles vulnérables ?” interroge-t-il. L’intentionnalité n’aurait pas non plus été prouvée : “Dix ans après, tout ce qu’il a fait ne serait plus de bonne foi ?” La défense demande la relaxe et, à défaut, un renvoi sur intérêts civils, estimant que “la partie civile vient reconstituer l’héritage pour les collatéraux exclus”.

Le tribunal a reconnu Jean-Max coupable d’abus de faiblesse. Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire. Il lui est interdit d’entrer en contact avec Lucienne, de paraître à son domicile et d’exercer toute fonction de gestion pendant cinq ans. Le montant exact du préjudice sera débattu lors d’une prochaine audience sur intérêts civils en avril 2026.

Etiquettes : Abus de confiance | Tribunal

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