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Les ventes de produits phytos en chute libre à La Réunion

Ecrit par J.D. – le dimanche 16 novembre 2025 à 16H19

À leur plus bas niveau depuis quinze ans, les ventes de produits phytopharmaceutiques poursuivent leur déclin sur l’île. En 2024, 135 tonnes de substances actives ont été écoulées, contre 208 tonnes trois ans plus tôt.

Pour la troisième année consécutive, les ventes de produits phytopharmaceutiques reculent à La Réunion. Selon la Banque nationale des ventes par les distributeurs agréés (BNV-D), environ 135 tonnes de substances actives ont été commercialisées en 2024, contre 159 tonnes en 2023 et 208 tonnes en 2021. Soit une baisse de 35 % en trois ans, atteignant “le niveau le plus bas depuis la mise en œuvre de la déclinaison régionale du plan Ecophyto en 2009”, souligne Agreste.

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Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : le retrait de l’usage sur canne à sucre des produits à base de s-métolachlore, la diminution des surfaces agricoles traitées, la baisse de la surface cannière, ou encore la sécheresse de 2024, qui a limité la pousse des adventices et le développement des ravageurs. La modification progressive des pratiques agricoles contribue également à ce recul.

Malgré cela, le désherbage chimique reste largement majoritaire. “Les herbicides représentent encore près de 80 % des volumes vendus”, indique la DAAF. Dans la filière canne, la lutte contre les mauvaises herbes demeure une priorité. Le relief accidenté et la pierrosité des parcelles compliquent l’usage de machines, tandis que le coût et la disponibilité de la main-d’œuvre freinent les alternatives manuelles. C’est dans ce contexte que le retrait du s-métolachlore en 2024 a provoqué un effet de report vers le glyphosate.

Le glyphosate représente 35% des ventes

Ce dernier représente désormais 35 % des ventes totales de produits phytopharmaceutiques, contre 25 % en moyenne depuis quinze ans. Utilisé massivement dans la canne à sucre, le glyphosate est aujourd’hui considéré comme un produit de “dernier recours” mais reste incontournable pour nombre d’exploitants, faute de solutions alternatives efficaces et abordables. Son usage concentre toutefois une partie des débats autour de la transition agroécologique : entre impératifs économiques, contraintes topographiques et objectifs de réduction fixés par le plan Ecophyto 2030, la filière doit trouver un équilibre difficile à tenir.

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En parallèle, la part des produits de biocontrôle ou utilisables en agriculture biologique (UAB) continue de progresser. Elle atteint 13 % des ventes totales en 2024, principalement des insecticides à base d’huiles.

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Le plan Ecophyto 2030, lancé à La Réunion comme dans trois autres régions pilotes, vise à réduire de moitié les volumes de produits phytosanitaires par rapport à la moyenne 2011-2013. La première phase du diagnostic territorial vient de s’achever et sera présentée au Conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CROPSAV) en novembre 2025. La deuxième phase, prévue pour 2026, consistera à élaborer le plan d’actions territorialisé qui fixera les objectifs et leviers opérationnels pour les exploitations de l’île.

Etiquettes : Agriculture | Glyphosate

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