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Les Pattounes des Iles : L’étrange manège d’un bénévole de la protection animale à La Réunion

Un chien dont la disparition demeure mystérieuse, une famille adoptante baladée à droite et à gauche, des meubles de l'association qui ont eux aussi disparu,… Séverine Bertron, qui pilote son association depuis la métropole, s’est résolue à porter plainte à l’encontre d’un bénévole en qui elle avait pleinement confiance à La Réunion. Un an après, elle attend toujours que la gendarmerie donne une suite à sa plainte. Elle s'apprête à s'attacher les services d'un avocat en septembre pour relancer l'enquête préliminaire ouverte en mai 2022.

Ecrit par Ludovic Grondin – le mardi 29 août 2023 à 09H00
En 2022, après être venue en catastrophe à La Réunion pour se rendre compte des agissements de son bénévole, Séverine Bertron avait mis en stand-by l'activité de son association

L’association « Les Pattounes des Iles » s’est fait connaître ces dernières années à La Réunion en intervenant ponctuellement dans des sauvetages de chiens en détresse. Se trouvant en métropole à Tourcoing, la représentante de l’association pense qu’elle s’est fait avoir par un bénévole envers qui la confiance était pourtant le maître-mot. 

En 2018, Séverine Bertron crée Pattounes des Iles. L’association a pour but de placer les animaux des îles en famille d’accueil, les mettre en conformité et les faire partir vers l’Hexagone. Ce processus, qui peut durer jusqu’à 5 mois selon la nature des soins à apporter mais aussi de la difficulté à trouver une famille adoptante, a complètement disjoncté dans le cas d’un sauvetage, celui d’un chien baptisé Tigrou. 

Tigrou est un chien de la rue comme il en existe tant à La Réunion. La personne la mieux placée pour parler de ce croisé berger est Julie (prénom d’emprunt). « Ce chien a grandi dans la rue en face de l’endroit où je travaille. Malheureusement, étant donné que j’étais en appartement, je ne pouvais pas le prendre », explique-t-elle cette première approche qui consistait uniquement à nourrir le chien devant son lieu de travail. Ce nourrissage dure cinq ans lorsqu’en 2021, une autre nourrisseuse sort Tigrou de cette vie d’errance en le remettant à l’association Pattounes des Iles. Sorti de la rue, une nouvelle vie s’offre au petit animal. 

Les semaines passent et la situation de Julie évolue favorablement. La voici qui dispose désormais d’une maison avec jardin. 

« Je me renseigne et je découvre qu’il est toujours à l’adoption », nous raconte-t-elle. Fin novembre 2021, elle contacte Pattounes des Iles. Au bout du fil, ils tombent sur le bénévole référent qui est l’interlocuteur local de l’association métropolitaine. 

Ce bénévole local prend la précaution de dire à Julie qu’il ne gère pas les demandes d’adoption – ce qui est vrai – puisque ce rôle est dévolu à Séverine Bertron qui pilote l’association grâce à ses fonds propres et les dons. 

Pour ce faire, ce bénévole local promet à Julie de lui envoyer le document à remplir afin d’entrer dans le processus d’adoption. Ce document n’arrivera tout simplement jamais. Il s’agit là d’un premier couac auquel Julie ne prête guère attention à ce moment-là en se disant que c’est un oubli qui peut arriver. « Lorsque j’ai eu le bénévole au téléphone, il était très froid. Il m’a dit : « envoyez-moi votre adresse mail par sms » mais mon compagnon et moi nous ne l’avons jamais reçu ce formulaire ! », se rappelle-t-elle.

Les semaines passent et Julie ne perd pas l’espoir d’adopter le chien qu’elle a vu grandir devant son travail pendant des années. Elle met ce temps à profit pour continuer son bénévolat, à titre personnel, en tant que famille d’accueil suite à des sauvetages de chiens errants. 

Début 2022, elle relance le bénévole de Pattounes au sujet de son envie toujours intacte d’adopter Tigrou. 

Mais Julie ne sait pas encore qu’elle se fera balader d’un rendez-vous à un autre sans pouvoir mettre la main sur le chien tant désiré. S’en suivent donc d’innombrables rendez-vous ratés entre le bénévole et la famille adoptante avec, à chaque fois, des prétextes tout aussi farfelus les uns que les autres. 

C’est le cas d’un rendez-vous fixé un lundi à 15H30 où le bénévole devait lui remettre le chien. « A 16H30, toujours pas de news, je l’appelle et il me répond : « Ah je suis vraiment désolé, j’ai un problème de voiture, je n’ai plus de voiture ! » ». Julie se dit à ce moment-là que ça peut arriver, en effet. 

Le manège a assez duré

Une nouvelle tentative est programmée pour le vendredi suivant. Mais rien ne se passe comme prévu, une nouvelle fois. « Je n’ai toujours pas d’appel de sa part alors que j’attends, je suis à la maison. Je lui envoie un message et il me répond : « je suis vraiment désolé, je suis hyper débordé, je tiens à m’excuser. Donnez-moi encore dix jours pour m’organiser ». Là on est à la mi mars », informe Julie qui ne peut que prendre son mal en patience. Elle commence néanmoins à percevoir une musique de fond : « le bénévole a commencé à me dire que le chien est fugueur, qu’il faut qu’il examine comment c’est chez nous et que l’association ne donne pas les chiens à n’importe qui ». Malgré ces messages de mise en garde, elle demeure confiante, son coup de coeur pour Tigrou reste intact.

Un troisième rendez-vous est fixé un samedi matin. « Il était censé me prévenir la veille au soir de l’heure à laquelle il passerait nous remettre le chien. Le samedi, 9 heures, 10 heures puis 11 heures, avec mon compagnon on attend, on patiente et à ce moment-là le bénévole me dit : « Désolé j’ai explosé mon téléphone hier soir » », rapporte-t-elle la nouvelle excuse bidon trouvée par son interlocuteur qui rivalise d’imagination pour ne pas donner le chien.

Quelques jours plus tard, le bénévole indique à Julie et à son compagnon que le chien n’est finalement plus chez lui mais que, s’ils tiennent toujours à lui, le couple peut se rendre chez une dame à qui il a confié Tigrou… 

Les adoptants appellent cette dame pour fixer un énième rendez-vous, cette fois-ci avec cette nouvelle interlocutrice. Mais voilà, comme rien n’est simple dans cette histoire, le chien est constamment en vadrouille, leur révèle sa gardienne. C’est en tout cas ce que raconte cette dame, une complice du bénévole de Pattounes des Iles. 

Ne reste donc plus qu’à Julie et son compagnon d’espérer passer le bon jour, au bon moment, pour enfin mettre la main sur Tigrou. 

Un seul exemple : en un jour de mars, Julie et son compagnon se rendent chez cette dame mais, manque de bol, celle-ci leur dit : « Tigrou était là à l’instant en train de manger ses croquettes. Il est reparti ! »

La famille adoptante comprend au fil des rendez-vous manqués qu’ils sont tournés en bourrique par le bénévole de Pattounes et cette dame, tous deux complices d’un gros mensonge. 

Baladée jour après jour, Julie se tourne alors vers Séverine Bertron qui chapeaute l’association depuis la métropole. A ce moment précis, cette dernière ignore tout des manigances de sa fine équipe à La Réunion. 

Séverine Bertron demande des explications à son référent local le 27 mars 2022. Celui-ci ne lui répond que quatre jours plus tard. 

A défaut de collaboration de la part de son bras droit, le 4 avril Séverine Bertron s’en remet à tous ceux qui ont suivi le sauvetage de Tigrou depuis sa sortie de la rue à la mi-2021. « Il n’y avait plus eu de discussions sur le fil Messenger depuis novembre 2021. Devant le peu d’information que me donnait Martial Daugey (le référent local, ndlr), j’y ai laissé un message demandant à tous « où est Tigrou ? » en espérant que quelqu’un ait la réponse. Martial était sur ce fil donc il l’a bien vu et j’avais pris le soin d’y ajouter préalablement la famille adoptante pour faire preuve de transparence », nous explique Séverine Bertron. 

Le cabinet vétérinaire ne voit pas passer le corps

C’est lorsqu’elle prend la décision de se tourner vers le cabinet vétérinaire avec lequel l’association travaille qu’un début de scénario se dessine enfin. « J’ai appelé le vétérinaire car tous les chiens chez nous sont suivis. Et ce dernier m’apprend que Martial a déclaré à la clinique que Tigrou était décédé le 6 janvier… Je demande alors à la clinique : « mais c’est pas vous qui avez eu le corps ? » », nous raconte Séverine Bertron encore interloquée par l’attitude de sa personne de confiance à La Réunion. 

Elle apprendra plus tard, de la dame qui accueillait le chien chez elle, que Tigrou a eu peur des pétards, qu’il est mort après une mauvaise réception en sautant son mur de 4 mètres de haut.

Julie et son compagnon, qui s’étaient donc positionnés pour adopter le chien depuis fin 2021, apprennent donc de Séverine Bertron que le chien est mort depuis les tout premiers jours de janvier 2022 alors que les deux bénévoles leur ont fait croire pendant des semaines qu’il était là, bien vivant et en organisant des rendez-vous à chaque fois manqués. 

Que cache en réalité ce scénario d’une vraie-fausse mort à laquelle plus personne ne croit ? 

Séverine Bertron en est elle-même estomaquée et « furieuse » car c’est le sérieux de son association qui est aussi en jeu. 

De fil en aiguille, elle a donc découvert que son bras droit à La Réunion a mené en bateau une famille adoptante pendant des mois, qu’il a créé un post Facebook pour favoriser l’adoption de Tigrou courant février 2022 alors que le chien était censé être mort depuis janvier… Une contradiction de plus au tableau. Le tout sans qu’aucun vétérinaire n’ait été avisé de cette mort pour en attester la véracité.

Cette histoire rocambolesque a amené Séverine Bertron à mettre le nez dans la gestion des fonds qu’elle donnait gracieusement à son bras droit à La Réunion. Il faut dire que la confiance était le moteur de cet attelage improbable entre son bénévole, un passionné d’équidés arrivé à La Réunion début 2021, et elle pilotant son association depuis la métropole.

La raison invoquée par le bénévole 

Ce bénévole, dont l’attitude a choqué cette famille adoptante ainsi que la fondatrice même de l’association, a accepté de nous répondre. Il nous explique qu’il était difficile pour lui de remettre un chien à quelqu’un qui n’avait rien fait pendant 5 ans, en l’occurrence Julie qui a donc aidé ce chien comme elle le pouvait pendant de longues années, sans pouvoir en effet l’adopter, faute de place chez elle.

Une explication qui ne convainc pas Séverine Bertron qui a déposé plainte à son encontre pour mauvais traitement sur animaux ayant entraîné la mort mais aussi pour vol de bien et abus de confiance en raison de la disparition de biens achetés avec les fonds de son association.

Un an après le dépôt de cette plainte, Séverine Bertron nous indique qu’aucune suite n’a été donnée par la brigade de gendarmerie de Sainte-Marie. La représentante de Pattounes des Iles compte s’attacher les services d’un avocat à compter de septembre pour donner une nouvelle impulsion à sa plainte.

L’association avait repris ses activités sur des bases plus saines

Séverine Bertron nous livre son incompréhension suite à l’attitude toujours inexpliquée de sa personne de confiance à La Réunion. La représentante de Pattounes des Iles a effectué une visite surprise le 1er mai 2022 dans la maison dont elle payait le loyer à son bénévole de confiance à La Réunion. Elle voulait constater par elle-même ce qu’il en était : 

Je suis très en colère car, pour ce chien, c’était la chance de sa vie. J’étais comme cette famille adoptante, Martial m’a baladée. J’ai essayé de savoir s’il y avait un problème relationnel entre l’adoptant et Martial car, n’étant pas sur place, je ne peux pas savoir. 

Une famille était aussi disposée à l’adopter en métropole mais Martial m’avait dit : « eh ben non, j’ai une famille ici à La Réunion. Ils veulent juste faire un test avec les chats ». 

15 jours plus tard. Je lui ai demandé si le test chat s’était bien déroulé, il m’a dit : « j’ai pas eu le temps ». A ce moment-là, j’ai eu une petite lumière qui s’est allumée, j’ai commencé à comprendre parce que, quand on a une demande pour un chien de cet âge, on se dépêche ! Un jour, cette dame (Julie l’adoptante, ndlr) me contacte. Je ne la connaissais pas. Elle me dit qu’elle a attendu sur un parking la venue de Martial et par deux fois il n’est pas venu. Je lui ai dit : « Attendez, je vous donne son adresse à Sainte-Marie pour que vous y alliez ». 

30 minutes plus tard, Martial m’appelle dans une colère noire en me disant que la semaine dernière, ce sont les adoptants qui ne sont pas venus au rendez-vous, cette fois c’est eux qui attendront ! C’est la première fois que je le découvrais dans cet état de colère vis-à-vis de moi. 

Plus tard, Martial ne décrochera tout simplement plus au téléphone mais comme par magie, dès lors que j’appelais d’un autre numéro, une autre personne décrochait. C’était une bénévole qui était chez lui et que je ne connaissais pas. C’est à ce moment-là qu’on me raconte que le chien est chez une bénévole dont j’ignore l’existence, qu’il fait son tour et qu’il revient à chaque fois. Là je me suis dit qu’il me prenait pour une conne. J’ai appelé le vétérinaire car tous les chiens chez nous sont suivis. Et ce dernier m’apprend que Martial a déclaré à la clinique que Tigrou était décédé le 6 janvier. Je demande à la clinique : « mais c’est pas vous qui avez eu le corps ? » Il n’y a pas eu de corps. Je rappelle la bénévole qui me dit : « Martial m’a dit de rien dire à personne »

Je rappelle Martial en lui demandant d’expliquer pourquoi il a fait un post en janvier, donc après la mort de Tigrou, pour le faire adopter… Il me déclare qu’il a placé Tigrou en famille d’accueil sur Saint-Leu et que, malheureusement, il y a eu des pétards et que le chien est mort en sautant la clôture avec un apique de 4 mètres de l’autre côté. 

J’ai demandé à la FA : « mais vous avez fait quoi avec le corps ? Elle me dit : « je l’ai enterré ». Je lui dit que c’est interdit. Elle me répond : « moi j’ai toujours fait ça. J’ai planté un arbre pour prolonger son âme ». Je ne sais pas comment elle s’y est prise. C’était quand même un chien de 25 kg. Tant qu’il n’y a pas de corps, pour moi il n’est pas considéré comme mort.

« J’ai aussi découvert chez lui des malinois alors que l’association ne prend pas de malinois »

Avec cette histoire concernant Tigrou, je me pose désormais la question de ce qu’il est arrivé aux autres chiens qui ont été aussi déclarés décédés. J’ai aussi découvert chez lui des malinois alors que l’association ne prend pas de malinois car ça demande de l’attention.

L’attitude de Martial, je ne l’ai pas comprise parce qu’un jour, la vérité éclate toujours car le chien aurait manqué à l’appel au moment de le faire adopter. Est-ce qu’il s’est senti fautif parce qu’il la confié à une famille d’accueil elle aussi fautive ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi il n’a pas donné ce chien à cette famille ? Est-ce qu’il n’a pas voulu donner le chien parce que cette adoptante n’a rien fait avant ?

Depuis 2018, Martial m’aidait pour la partie des posts Facebook. Puis, au mois de janvier 2021, il est arrivé à La Réunion mais la collaboration réelle a commencé en juillet 2021. Son statut était celui de bénévole. Il s’occupait de faire la relation avec les familles d’accueil en leur apportant nourriture, médicaments, emmener les chiens chez le vétérinaire. 

Je lui ai demandé en juillet 2021 de trouver un loyer pour faire un refuge et que l’association était prête à payer ce loyer. J’ai découvert que Martial a mis mon nom sur le bail et l’a signé à ma place sans m’en informer. Il s’est fait passer pour mon fils devant la propriétaire… 

L’association lui remettait des chèques pour s’acquitter des loyers. Il a payé par chèque de juillet à novembre 2021. Nous avons vu les chèques passer sur les comptes de l’association, ils correspondaient bien au montant du loyer mais on a préféré basculer en virement bancaire à partir de ce moment-là. 

Lorsqu’il est entré dans cette location, il fallait acheter deux chalets en bois et du grillage pour accueillir les chiens. Un équipement d’une valeur de 1900 euros. Les chalets ont été livrés. Un seul a été installé. Le second a disparu en avril 2022. 

J’ai aussi mis à disposition 3200 euros pour équiper la maison en meubles et en électroménager. La maison était vide quand je suis passée par surprise début mai 2022. Je n’ai pas de documents attestant de ces achats car c’était une relation de confiance. Pareil pour sa consommation d’essence qu’il estimait à 200 euros par mois mais il ne m’a jamais remis de ticket.

Thèmes : Animaux
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