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Les médecins généralistes en grève

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 11 mars 2010 à 07H39

"Pourquoi faisons-nous grève? Parce que notre profession va disparaître!". Le ton est donné par les médecins généralistes qui, pour la première fois stoppent, le temps d'une journée, leur activité. Les patients risquent donc de trouver porte close aujourd'hui chez leur médecin traitant.

Les cabinets n'ouvriront que pour laisser place au débat car les médecins généralistes souhaitent pouvoir rencontrer la population afin de discuter avec elle de la situation difficile que leur profession traverse et des conséquences sur les patients.

Ce mouvement national a été mis en place par les deux plus importants syndicats de médecins généralistes, MG Reunion et Espace/Union Généraliste, auxquels s’associent le Syndicat National des Jeunes Médecins et l’Union Collégiale des Chirurgiens, Médecins et Spécialistes Français. Ils rappellent notamment les prévisions suivantes : De 55.000 médecins généralistes à ce jour en France, on passera à 25.000 en 2025. "Cette journée préfigure ce que pourrait être le futur désert médical qui menace les patients si de réels efforts ne sont pas mis en place pour la survie de la médecine de ville et des spécialités cliniques", alarme-t-on au sein des syndicats.

Une filière moins attractive

Et les constats sont multiples : Quand 10 soixantenaires prennent leur retraite, seule une installation se crée. Du côté des cinquantenaires, les difficultés actuelles les incitent à quitter l'exercice libéral, à redevenir remplaçants pour avoir moins de contraintes, et même parfois à changer carrément de métier !

Chez les jeunes diplômés, l'exercice en cabinet n'est pas attrayant : Sur 10 étudiants de la filière de médecin générale, seul 1 décide de s'installer en libéral, les autres préfèrent un exercice salarié. Quand aux étudiants en médecine, 20 à 25% des postes de l'internat de médecine générale ne sont pas pourvus.

Longues études, missions toujours plus vastes

Pourquoi un tel désintérêt? La longueur des études équivalentes aux autres spécialités médicales, soit environ 10 ans, pour un revenu honoraire parmi les plus faibles de la profession, a de quoi rendre cette profession moins attractive. Ou, devrions-nous désormais dire cette "spécialité" car, depuis peu, la loi considère la médecine générale comme une spécialité de la médecine.

Les missions de plus en plus vastes, "intéressantes mais non reconnues" explique le docteur De Chazournes, freinent également les ardeurs des étudiants. "Dépistage, prévention, participation aux campagnes de santé publique... Nous sommes aussi la seule spécialité à assurer la permanence des soins ambulatoires la nuit et les week-ends", souligne le porte-parole régional de l'Union Généraliste.

Les conséquences sur les patients

L'accroissement des "tracasseries administratives" (2/3 du temps passé avec le patient est consacré au travail administratif, et non à la consultation médicale) ou encore l'obligation de formation médicale continue sur les temps de repos sont autant de critères supplémentaires qui justifient la grève menée aujourd'hui.

Au final, les médecins généralistes redoutent également l'arrivée prochaine d'une médecine de plus en plus privatisée, et un accès aux soins pour tous de plus en plus difficile. Que réserve-t-on aux malades dont l’espérance de vie augmente ? "A moyen terme, ils vont assister à la mise à mort du modèle français de système de santé solidaire, et au transfert plus ou moins total de la Protection Maladie aux Assurances privées et aux Mutuelles pour leur faire encore plus supporter le coût des soins", conclut le docteur De Chazournes.

 

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