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Les expropriés du tram-train soulagés mais dans l'attente

Les expropriés du tram-train ont été soulagés qu'une nouvelle majorité soit à la tête du Conseil régional mais ne se réjouissent pas trop vite. Même si Didier Robert disait privilégier un projet de voie rapide avec le déploiement de 2.000 bus avant les élections régionales, il semble maintenant vouloir réfléchir à l'abandon, ou non, du projet du tram-train. Car les choix pour remédier au probable coma circulatoire ne sont pas sans conséquences.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 24 mars 2010 à 17H30

L'une des premières interrogations qui parvient jusqu'aux oreilles des futurs élus de la nouvelle majorité de la Région est bien sûr le projet du tram-train qui fait tant couler d'encre depuis 2006. Didier Robert sera élu président de Région vendredi et devra rapidement décider avec sa majorité du maintien, ou non, du tram-train. Rappelons que près de 106 millions d'euros ont déjà été dépensés rien qu'en études.

Même si, pendant sa campagne, il disait privilégier plutôt la réalisation d'une voie rapide avec 2.000 bus, le projet du tram-train constitue une belle perspective pour le secteur du BTP de l'île qui traverse encore difficilement la crise.

De leur côté, les expropriés du tram-train sont toujours sous le coup de la procédure d'expropriation car le projet est déclaré d'utilité publique. La plupart d'entre eux voit un intérêt certain pour l'alternative au tout-automobile et préfère un tracé qui passe par le boulevard Sud ou, mieux encore, sur  l'élargissement prévue de la route du Littoral. Une solution qui serait moins coûteuse et qui pourrait servir de voie pour le transport du fret.

L'association Tracé Tram vient tout juste d'envoyer un courrier aux élus de La Réunion en confiance pour leur faire part de leurs doléances et du souhait de les rencontrer afin d'informer des dégâts collatéraux du projet tram-train s'il devait passer par le centre-ville de Saint-Denis. "Il ne suffit pas d'une annonce publique pour arrêter les procédures juridiques entamées contre les habitants par la précédente mandature", précise Idriss Desaï, habitant de la rue Gilbert de Molière, à Saint-Denis, et concerné par l'expropriation.

Il demande aux nouveaux élus de la Région de :

"1 - Retirer l'arrêté de cessibilité afin de couper les procédures d'expropriation. Cela permet à la nouvelle majorité de s'installer et de ne pas avoir les mains liées face à une série d'expropriations à prononcer. Pour rappel, près de 300 parcelles sont concernées par le second arrêté de cessibilité qui court actuellement.

2 - D'arrêter toutes les actions en justice contre les habitants entreprises par la SR21 avec validation de l'assemblée plénière de la précédente mandature. La Région signale à la cour d'appel de Bordeaux qu'elle a retiré l'arrêté de cessibilité concernant le projet Tram-train.

3 - Peser sur la Préfecture pour annuler l'arrêté d'expropriation à venir.

4 - Évaluer l'action du mandataire SODIAC en terme de gestion des expropriations (A la Grande Chaloupe et dans la rue Maréchal Leclerc), lui demander de régler les litiges avec les familles et mettre fin à sa mission.

5 - Demander à la SR21 d'informer de ces orientations par courrier l'ensemble des expropriés.

- Penser un nouveau projet de déplacement collectif :

6 - La Région prend le temps d'examiner avec la SR21 ce qui est récupérable en terme d'études pour l'aménagement d'un nouveau tronçon du TSCP entre Sainte-Marie et Saint-Denis. L'essentiel du projet Tram circulant sur des voies existantes et sur le premier TSCP, cette action est envisageable et facile entre ces mêmes communes voire avec Sainte-Suzanne. Il s'agit également d'intégrer une connexion avec le futur chantier de la route en corniche.

7 - La Région prend une décision finale de réorientation ou d'abandon de l'opération Tram-train".

D'ailleurs, Idriss Desaï rappelle que le tribunal administratif s'est prononcé contre le tracé du tram-train qui passerait en centre-ville, car la Région n'avait pas tenu compte dans son rapport du surcoût engagé au niveau de la falaise Lucien Gasparin. "Si au départ, le projet affichait un coup d'1,3 milliard d'euros, il a été reconsidéré à 1,9 milliard d'euros avec les 12 km de tunnel à la Grande Chaloupe et la mise à niveau de la falaise Lucien Gasparin. Au total, le tram-train coûtera 5 milliards d'euros à rembourser d'ici 2054". Ce qui revient cher pour notre île si l'État ne fournit pas la dotation ferroviaire. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a indiqué, lors de sa visite de soutien à Didier Robert pendant la campagne des Régionales, qu'il n'y aurait pas de dotation ferroviaire, soit un manque à gagner de 80 millions d'euros par an.

 

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