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Les autorités de Maurice tentent de rétablir l'image de l'ile

Alors que l'île Maurice se remet à peine de l'affaire du meurtre de la jeune mariée assassinée dans sa chambre d'hôtel lundi dernier, les aveux d'un valet de chambre mercredi soir à la police ont fini par faire craindre le pire aux hôteliers mauriciens qui craignent de voir la réputation de la destination fortement entamée. Depuis 48 heures, ce sont donc tous les représentants politiques et touristiques de l'île qui tentent, par tous les moyens, de rassurer l'opinion publique. Il faut dire que la célébrité du couple touché par ce drame a amplifié la caisse de résonance jusque dans les pays anglophones où Maurice bénéficiait, depuis toujours, d'une image indéfectible de paradis terrestre. L'événement de ce début d'année semble marquer un tournant.
Ecrit par Ludovic Grondin – le vendredi 14 janvier 2011 à 07H25

Le meurtre de Michaela Harte, une touriste irlandaise, dans sa chambre à l’hôtel Legends de Grand Gaube le 10 janvier dernier, est un coup dur pour l'île Maurice et son secteur touristique. Depuis deux jours, les autorités concernées tentent de calmer le jeu auprès des tours-opérateurs. Selon les informations de l'Express de Maurice, le directeur de l’Office du tourisme mauricien (MTPA), Karl Mootoosamy, s’est immédiatement rendu mercredi en  Grande Bretagne où il  rencontrera des tour-opérateurs britanniques.

Il faut dire que le drame a fortement ému la presse britannique. Le compagnon de la jeune femme est un sportif connu en Irlande, et avec lui, toute sa famille. Répercutée dans les grands titres de la presse anglo-saxonne, l’affaire Michaela Hart risque de nuire très fortement à l'attrait pour la destination de rêve que constitue l'île soeur sachant que les visiteurs britanniques constituent le plus gros du contingent de touristes qu'enregistre l'île.

La presse britannique se penche sur le cas de Maurice

Plus grave, cette affaire de meurtre dans un luxueux hôtel cinq étoiles fait remonter à la surface de nombreux épisodes de vols notamment et d'autres agressions que l'île Maurice peine à dissimuler. D'ailleurs, une journaliste irlandaise ayant fait le déplacement à Maurice pour suivre le développé de l'affaire s'est penchée sur les relevés du taux de criminalité de la petite île. Celle-ci s'est déclarée choquée par le nombre "élevé de kidnappings à Maurice".

Les vols commis dans les établissements hôteliers et bungalows de l’île sont, eux, très peu rapportés à la police, selon une source proche du milieu touristique haut de gamme cité par l'Express de Maurice. Le plus souvent donc, "les victimes sont dédommagées par les hôtels et le personnel impliqué est mis tout de suite à la porte", explique-t-il.

Toujours est t-il que le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), Karl Mootoosamy, a pris l’avion le mercredi 12 janvier pour la Grande Bretagne et l’Irlande. Il rencontrera des tour-opérateurs des deux pays, pour une opération de communication de crise. Il assistera probablement aux funérailles de Michaela Harte en Irlande, prévues ce week-end.

"Nous ne sommes même plus en sécurité au paradis"

Pour sa part, le ministre du Tourisme, Nando Bodha, a rencontré John McAreavey, l’époux de Michaela Harte,  pour lui exprimer sa compassion et celle du peuple mauricien. Le ministre a également multiplié les interventions sur les radios nationales irlandaises et sur BBC Belfast où il n’a cessé de répéter que Maurice est une destination sûre et que "c’est la première fois que le pays était confronté à une telle situation".

Reste à savoir si cette campagne de communication produira ses effets. Mercredi, The Telegraph titrait : "We’re not even safe in paradise" ("Nous ne sommes même plus en sécurité au paradis").

 

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