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Le Sénat ouvre la voie à l’exploitation des hydrocarbures dans les Outre-mer

Ecrit par T.L. – le vendredi 30 janvier 2026 à 11H04
Photo Pixabay.

La proposition de loi visant à autoriser la recherche et l’exploitation de pétrole et de gaz dans les Outre-mer a été adoptée avec le vote favorable des sénateurs réunionnais, à l’exception d’Évelyne Corbière. L’absence de soutien clair du gouvernement et l’opposition de la gauche rend son adoption incertaine à l’Assemblée nationale.

« Rien ne permet de conclure qu’il y a des gisements exploitables en Guyane », rappelle Ariane Vuilloud, la directrice régionale Outre-mer de TotalEnergies dans le magazine Challenges, en faisant écho aux propos de son patron, Patric Pouyané, qui avait jadis déclaré devant une commission d’enquête parlementaire : « Il n’y a pas de pétrole en France ».

De fait, la loi de Nicolas Hulot de décembre 2017, qui interdit aujourd’hui l’exploitation d’hydrocarbures (pétrole et gaz) dans les Outre-mer, revêtait surtout une portée symbolique, le géant pétrogazier français ayant au préalable tiré des conclusions négatives de ses études de gisements dans les eaux françaises.

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L’adoption le 29 janvier au Sénat (par 227 voix et 105 contre) d’une proposition de loi visant à autoriser la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les Outre-mer, et plus spécifiquement à Mayotte, en Guyanne et à Saint-Pierre et Miquelon, ne s’appuierait donc sur aucune donnée fiable portant sur un possible gisement d’énergie fossile rentable.

Le sujet fait polémique au gouvernement

La présence de gaz en grande quantité dans le canal du Mozambique, notamment autour de Tromelin (îles Éparses), ne fait, elle, guère de doute, mais le contexte géopolitique et les débats sur la souveraineté de certains territoires rendent toute exploitation d’hydrocarbures complexe à envisager pour la France.

Si le Sénat tente de faire lever l’interdiction de forer dans les Outre-mer, c’est avant tout à la demande du sénateur macroniste Georges Patient, soutenu par d’autres collègues ultramarins, qui fait valoir que son territoire, la Guyane, est entouré de pays (Brésil, Guyana, Suriname) déjà engagés dans une politique extractive.

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Signataires du texte de la proposition de loi, les sénateurs réunionnais de droite Stéphane Fouassin et Viviane Malet ont voté pour son adoption, de même que la sénatrice socialiste Audrey Bélim, contrairement à sa collègue de gauche Évelyne Corbière qui a voté contre.

La proposition de loi sera donc transmise à l’Assemblée nationale, alors que le sujet fait déjà polémique au sein du gouvernement. La ministre des Outre-mer Naima Moutchou y est favorable, tandis que la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, ancienne présidente de WWF France, s’y oppose fermement. Cette dernière aurait menacé de démissionner si le premier ministre Sébastien Lecornu émettait un avis positif sur la levée de l’interdiction.

Etiquettes : Environnement | Outre-Mer | Sénat

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