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À La Réunion, un Groupe d’experts locaux pour ralentir la course folle du réchauffement climatique

Ecrit par T.L. – le mardi 27 janvier 2026 à 14H42

Le Groupe régional d’experts sur le climat (GREC) rassemble la communauté scientifique, les grandes collectivités locales et les institutions afin de déployer des solutions de lutte contre le changement climatique dans les politiques publiques.

Selon des projections de Météo France datant de novembre dernier, la température moyenne à La Réunion devrait augmenter de +1,5 degré d’ici 2030, et de +2,9 °C en 2100. Si cette hausse des températures peut apparaître minime à certains, elle entraînera des conséquences irréversibles, comme l’allongement des périodes de sécheresse ou l’intensification des phénomènes cycloniques.

Ici peut-être plus encore qu’ailleurs, le réchauffement climatique pourrait produire « un effet domino avec des catastrophes naturelles en cascade », a prévenu Huguette Bello ce mardi 27 janvier, à l’occasion du lancement au Moca (Saint-Denis) du Groupe régional d’experts sur le climat (GREC).

Lire aussi : La Réunion face au réchauffement climatique : une hausse de 3 °C annoncée d’ici 2100

Une dizaine de régions françaises s’appuient déjà sur un GREC pour inclure les données scientifiques sur le climat dans leurs documents d’aménagement et dans leurs politiques publiques, sans qu’on puisse encore en mesurer leurs effets avec précision.

« Reprise des initiatives sur les énergies marines »

Face à un parterre réunissant les 18 autres signataires membres du GREC (Intercommunalités, Département, État, Association des maires, Université de de La Réunion, Météo France, CIRAD…), dont les principaux financeurs (Banque des territoires, AFD, ADEME), la présidente de Région a souligné l’ambition de sa collectivité d’entreprendre un « grand plan solaire », mais aussi de favoriser la « reprise des initiatives sur les énergies marines », malgré la difficulté technologique et l’échec d’une précédente tentative au CHU de Saint-Pierre. L'élue a aussi évoqué le développement de l’éolien en mer et la relance des études sur la géothermie.

Le fonctionnement du GREC s’articulera ainsi : le comité d’orientation stratégique, scientifique et technique (COSST) proposera un programme d‘action à l’assemblée consultative sur le climat et l’adaptation territoriale (ACCAT), sur la base d’orientations définies par les groupes de travail thématique. Le pilotage du GREC est assuré par Huguette Bello, entourée des élus régionaux Patrice Boulevart, Jean-Pierre Chabriat et Fabrice Hoarau.

Le GREC, « Une interface essentielle entre la science, la société et la politique publique », selon la définition de la présidente de Région, mais aussi « un outil de coopération régionale » aux yeux de la directrice de la Mission adaptation au changement climatique de la Commission européenne Elina Bardram. La Région participe au programme Climaax, un outil d’analyse et d’adaptation au changement climatique financé par l’Union européenne.

Lire aussi : Climat : à La Réunion, quelles projections pour les prochaines décennies ?

Le changement climatique a un coût financier

Pour La Réunion, les principaux enjeux des travaux du GREC (qui devra aussi produire des rapports et de la documentation) se situent sur les plans de la sécurité des biens et des personnes lors des aléas climatiques, la souveraineté alimentaire, hydrique et énergétique du territoire, la sauvegarde du patrimoine naturel, la santé et bien sûr l’économie.

Dans ses deux rapports très fournis sur « La Réunion à l’horizon 2040 », le CCEE (Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement) présidé par Roger Ramchetty propose plusieurs suggestions à mettre en œuvre, comme l’eau chaude solaire pour les machines à laver, la récupération de l’eau de pluie, la filtration de l’eau potable au charbon, la création d’un réseau d’eau non-potable pour l’utilisation domestique, ou encore l’installation de toilettes sèches dans les foyers.

La collectivité souligne qu’entre 2000 et 2019, le coût moyen des cyclones était estimé à 9 millions d’euros par an. Le chiffrage des assurances a bondi en 2024 avec Belal (100 millions d’euros) puis Garance en 2025 (380 millions d’euros).

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