Le projet d'écolodge à l'Anse des Cascades en enquête publique

C'est un projet phare pour Michel Vergoz, qui a fait du tourisme l'axe de développement principal de sa commune rurale, au charme indéniable. Le maire de Sainte-Rose attend avec impatience l'installation de La Canopée des Laves sur son spot fétiche de l'Anse des Cascades, un luxueux projet d'hôtellerie dont les travaux de construction doivent s'étendre sur 22 mois, pour un montant estimé à environ 7 millions d'euros.
L'enquête publique ouverte le 29 juillet donne la possibilité de consulter (sur le site de la mairie de Sainte-Rose) les documents liés au projet, et permet aussi, jusqu'au 27 août, à tout à chacun de faire parvenir son avis au commissaire-enquêteur.
Installé sur une parcelle cadastrale forestière de 34.723 m2, l'écolodge occupera 1.993 m2 de surface de plancher après travaux. Un espace permettant de proposer aux clients 20 chambres de 2 personnes et 10 lodges de quatre personnes, une piscine, un spa, un bar, un restaurant, une salle de conférence ou encore un espace événementiel. Le tout desservi par 30 places de parking.
L'investissement porté par la Société de Gestion Hôtelière de l'Est (SGHE) d'Alfred Chane-Pane, le propriétaire du luxueux Diana Dea Lodge dans les hauteurs de Saint-Benoît, se veut respectueux du cadre majestueux offert par les pentes du Gros Piton, avec vue sur l'océan et la montagne garantie.
Selon le pétitionnaire, le chantier nécessitant 11.000 m3 de déblais sera ainsi encadré par un écologue, déjà à l’œuvre au départ du projet, afin de limiter l'impact sur la faune et la flore. « Les jardins joueront un rôle essentiel dans la gestion des eaux pluviales » et « la topographie naturelle guidera les eaux » assure le dossier présenté par les promoteurs, qui mettent en avant les dispositifs techniques déployés pour limiter l'empreinte humaine.
Traitement des eaux usées et collecte des eaux pluviales
Une micro-station de traitement autonome des eaux usées sera adjointe à l'hôtel, tandis qu'un réseau de collecte et d'assainissement des eaux pluviales sera mis en place grâce à des noues (fossés peu profonds en pentes douces) végétalisées. Les toits de la structure seront équipés de panneaux photovoltaïques et « les constructions sont décollées du sol afin de limiter leurs impacts au niveau du site ».
Dans son avis rendu le 27 mars dernier, l'Autorité environnementale (Ae) « souligne la qualité de l'étude d'impact présentée qui est globalement bien conduite et proportionnée aux enjeux pour prévenir les atteintes à l'environnement et à la santé humaine. »
« Toutefois », ajoute l'Ae, « des précisions et des justifications sont à apporter concernant (…) la maîtrise des risques d'inondation pour une pluie exceptionnelle de type centennale, tant au niveau de l'emprise du projet que sur les secteurs avoisinants en aval à haute valeur environnementale. » Le projet hôtelier devrait imperméabiliser une surface au sol de 4.640 m2 au total, les constructions sur pilotis permettant d'épargner 600 m2 de terrain sur une zone sensible où la pente s'élève à environ 15%.
L'Autorité environnementale souligne par ailleurs la présence potentielle de lézards verts des Hauts, une espèce endémique protégée, et demande que l'avis du Conservatoire botanique national de Mascarin soit sollicité concernant « 20 plans de Nélitte à feuilles courtes (espèce protégée) sur les 151 recensés sur le site et qui devront être transplantés ». Les six palmistes rouges présents, protégés eux aussi, seront sauvegardés et intégrés au paysage.
Pour principales recommandations, l'Ae « demande au pétitionnaire d'expliciter et de renforcer le suivi écologique externe », « de se rapprocher du service eau et biodiversité de la Deal » et « de présenter un plan délimitant strictement le périmètre du chantier. »



